César 2018 : ce qu’on a pensé des films nommés

César 2018 : ce qu’on a pensé des films nommés

Ce soir c’est les César 2018, cérémonie qui a pour but de récompenser le cinéma français. Tour d’horizon de ce qu’il y avait à voir en salles en obscures hexagonales cette année.

Ceux dont on a déjà parlé

Mine de rien, on avait plutôt visé juste cette année. Nous n’allons pas reproduire les critiques déjà rédigées de 120 Battements par Minute, Au Revoir Là-Haut, M et Mme Adelman et Le Sens de la Fête.

Ceux dont on a omit de parler

Le Brio

« La bêtise c’est de la paresse ». C’est par des extraits autour du thème de l’intelligence, dont un de Jacques Brel avec cette citation. On entre immédiatement dans quelque chose qui se veut exigent. Puis Camilla Jordana trace sa route à travers les petits bourgeois dans cette université dont tout nous dit qu’elle est prestigieuse. Le problème c’est qu’elle arrive en retard, et son Daniel Auteuil de prof sera sévère puis carrément injurieux. Comme punition, ce dernier se verra dans l’obligation de préparer son élève à un concours d’éloquence.

Et ce qui est intéressant dans ce film, c’est la proposition qui s’adresse à tous ceux qui sont victimes des politiques de la ville, de l’échec scolaire ou des contrôles au faciès. Leur échec est la réussite d’un système qui les met volontairement au ban de la société, quand leur refus de la médiocrité intellectuelle serait la vraie rébellion. Et c’est plutôt réalisé avec brio (ah ah), notamment par des personnes non caricaturaux bien interprétés et une histoire qui s’épargne tous les clichés habituels, notamment sur les banlieues.

Rock’n Roll

Pierre Niney obtient le César (bah tiens) du meilleur acteur et rend hommage à Guillaume Canet qu’il admirait enfant. Ça s’appelle un coup de vieux ! Et c’est un peu le thème de Rock’n Roll ou le plus jeune primé dans la catégorie réalisateur signe ici un délire qui joue avec la réalité puisque, devant la caméra il est bien marié avec Marion Cotillard, ami avec Gilles Lellouche ou le brillant Yvan Attal (ah ah bis), mais il ne se sent plus à l’aise dans son rôle de gendre idéal d’âge mûr. Sa pathétique crise de la quarantaine permet de mettre en valeur le talent comique de la Môme qui devient un personnage obsédé par les rôles à accent ou déficience physique. C’est pas le film de l’année, mais cette mise en abîme est quand même marrante, le coup de la table basse, c’est juste du génie et c’est de circonstance…

La Promesse de l’Aube

L’histoire vraiment palpitante de l’auteur Romain Gary, ça c’est un biopic qui a de la gueule ! La non linéarité se questionne, mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Cet homme a traversé des choses incroyables et elles sont relatées. On ne s’intéresse pas à ses éventuels triangles amoureux durant son temps à la guerre, on nous montre les batailles aériennes qui n’ont pas grand chose à envier à un film américain. On voyage dans ce film, Paris n’est que peu présent ici. Et cette relation mère-fils est magnifique, Charlotte Gainsbourg est extraordinaire de mauvaise foi dirigée vers la seule réussite de son enfant unique. On rit dans un film historique français les gens ! Très bon film, bon casting – notamment les minots – et que ce soit Nice ou le désert, ça fait plaisir à voir dans le cinéma français.

Ceux qu’on a rattrapé

Barbara

Difficile de dire que Barbara est un mauvais film. Disons que ça doit être mieux si vous êtes fan comme Mathieu Amalric. L’acteur/réalisateur se plait à reprendre les images d’archives pour le voir soudain apparaître à l’écran, et réaliser qu’on a même pas vu la transition entre la vraie Barbara et Jeanne Balibar. La réalisation est de fait très intéressante et originale mais ce film est plutôt réservé aux initiés. Dommage.

Patients

Grand corps malade se raconte au centre de rééducation où le personnage principal a appris à vivre avec ses nouvelles limites. Ce qui marque dans ce film, c’est l’incroyable humanité qui se dégage des nombreux personnages, tous très bien écrits et interprétés. On est au cœur de la détresse des personnes qui découvrent souvent brutalement la fragilité de notre corps et du désintérêt d’autrui. Ce film offre un regard simple sur des situations très compliquées, car la seule chose qui diffère pour eux, c’est notre regard.

Petit Paysan

Les agriculteurs et leurs difficultés sont devenus un sujet récurrent de l’actualité. Il est donc logique de le voir traité au 7e art. Et c’est fait avec un certain talent. Non pas que la réalisation soit ébouriffante, mais le choix de l’intrigue rend le film plutôt intense. La vache d’un paysan développe des symptômes semblant indiquer une maladie très grave, synonyme d’extermination du troupeau afin d’éviter toute contamination. Mais l’éleveur va tout faire pour dissimuler le bovin en question, aidé par sa sœur vétérinaire.

Le film ne s’épargne rien, que ce soit la difficulté du métier, la cruauté de la nature et de l’administration et les beaux moments comme la naissance d’un petit veau trop mignon. C’est une réussite car le long-métrage pose clairement son message tout en étant très accrocheur.

Grave

Le film de genre en France, c’est occasionnel mais souvent bon. Un peu comme un morceau de doigt humain pour une végétarienne. C’est donc le thème de ce film, très justement intitulé Raw (Cru) à l’étranger, c’est clairement l’horreur français qui cartonne et on sait pourquoi. Centré autour des bizutages qui formatent les esprits des futurs leaders de la société à perpétrer l’humiliation, par l’humiliation. Par réappropriation, l’héroïne forcée de manger des abats va se nourrir pour partie de ses bourreaux. Une façon de résister à la normalisation. Très imagé donc, mais le film est magnifique, intelligent, la scène de la peinture notamment est d’une extrême justesse. Espérons qu’il ait un maximum de prix et que le genre, qui a obtenu ses lettres de noblesse avec cette réalisation, fasse son trou dans notre pays.

Le Redoutable

Le dernier pastiche de Michel Hazanavicius concerne donc Jean-Luc Godard durant la période communiste. Le film est drôle et caustique, remettant en question un certain militantisme bobo plus extrémiste que les personnes concernées par les injustices bien réelles de notre société. Le film n’est pas fou, mais reste assez divertissant et intéressant vis-à-vis de la période.

Django

L’antithèse de La Promesse de l’Aube. Autant j’ai découvert un musicien dont j’ai apprécié la musique, mais sorti des concerts, ce film est très inégal et peu intéressant.

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