[DOSSIER] Mercato OM 2017-2018 : le bilan

[DOSSIER] Mercato OM 2017-2018 : le bilan

Après avoir analysé le mercato d’hiver et avoir donné nos avis sur ce que devait être le mercato d’été, il est temps de tirer un premier bilan. Les fessées subies contre Monaco puis Rennes, le mercato terminé, le moment nous paraît opportun de revenir sur les arrivées/départs et l’allure générale de l’équipe de l’Olympique de Marseille cuvée 2017-2018.

La direction et le staff nous avaient demandé de la patience tout en nous laissant nous bercer de douces illusions pendant près d’un an, mais à mi-septembre, il est temps de ranger nos tisanes et de sortir l’artillerie. Un mercato d’été mitigé, un début de saison poussif malgré la qualification en Europa League, tout porte à croire que la gestion du sportif n’a pas été prise suffisamment au sérieux.

C’est en tout cas ce qui ressort quand on se concentre sur les arrivées et les départs des joueurs, et la manière dont a été abordée ce mercato de manière générale.

Les arrivées

Dans une équipe qui s’annonçait en phase de recyclage, les arrivées de joueurs étaient scrutées à la loupe par les observateurs. 7 joueurs ont garni l’effectif olympien, que nous allons analyser un par un.

Steve Mandanda

Le retour de l’enfant prodigue qui aura porté un OM parfois clinquant, souvent moribond, reste une bonne nouvelle pour l’image du club. Sur l’aspect purement sportif, sa saison cauchemardesque en Premiere League et ses débuts pas nécessairement rassurants freinent quelque peu l’euphorie. A 33 ans, il reste un international confirmé et expérimenté, alors on se prend à croire qu’il va redresser la tête et endosser son rôle de patron.

Adil Rami

Auréolé de deux titres européens consécutifs avec Séville et du parcours qu’on connaît avec l’Equipe de France en 2016, Adil Rami ressemblait à un bon coup lors de sa signature. Le fait qu’il soit aussi facilement lâché par Séville à 31 ans, avec une vingtaine de matches joués la saison dernière, nous laisse cependant encore songeurs. C’est cela dit l’un des rares à avoir plus ou moins convaincu sur ce début de saison, malgré ses lacunes (vitesse, relance), de par sa solidité défensive. Attendons de le voir prendre les rennes de la défense en étant à 100% de ses capacités physiques.

Aymen Abdennour

Déjà ciblé après ses très bons débuts à Toulouse, Abdennour avait finalement filé chez Monaco pour rallier Valence après. Il s’était depuis un peu perdu et n’avait jamais vraiment confirmé les bonnes choses que l’on avait vu en lui. Mais bon, l’OM croit en ses chances de le relancer, surtout qu’à 28 ans, il lui reste encore de belles années devant lui. Seulement notre défenseur central rugueux arrive hors de forme, ce qu’il a prouvé contre Rennes en étant souvent largué par la vitesse des attaquants adverses. On pense néanmoins qu’il a de quoi composer une charnière centrale des plus costauds avec Rami, quand tous deux seront remis de leurs pépins physiques divers.

aymen abdennour om 2017

Jordan Amavi

Patrice Evra n’étant plus que l’ombre du grand latéral qu’il fut jusqu’à peu, la venue d’Amavi a été accueillie comme une bénédiction. On le disait déjà cet été : malgré son expérience ratée à Aston Villa et ses blessures, il reste, surtout à 23 ans, un pari peu risqué. Reste à Garcia de le faire jouer plus régulièrement titulaire, d’autant que son concurrent a montré qu’il serait préférable d’envisager une reconversion dans les réseaux sociaux.

Luiz Gustavo

L’une des rares surprises de ce mercato, c’est Luiz Gustavo : milieu défensif international, champion d’Europe, débarqué d’une bonne équipe de Bundesliga. Excusez du peu. Arrivé tôt cet été, il a déjà montré qu’il avait les épaules pour ce poste de n°6 devant la défense. Même s’il est moins athlétique que son prédécesseur Vainqueur, il dégage une certaine sérénité défensive et une faculté de relance qui nous manquait. Il a hélas souvent dû palier aux errements défensifs d’Evra (encore lui) et de ses deux milieux relayeurs, ce qui l’a souvent moins mis en valeur.

Valère Germain

Le minot marseillais, fils d’un ancien du club, qui fait le choix du coeur en signant à l’OM, symboliquement c’est très fort. Si on prend en plus en compte le fait qu’il soit à 27 ans un attaquant complet et sortant de 2 saisons de haut vol (chez 2 clubs devant nous au classement qui plus est), on peut crier BANCO. Ses premiers pas sous la liquette bleu phocéen l’ont d’ailleurs prouvé, Valère Germain est l’un des meilleurs attaquants français en activité. Intelligence, altruisme et justesse sont ses principaux atouts, il le montre régulièrement sur le terrain. Si bémol il devait y avoir, c’est peut-être son profil d’attaquant de soutien qui ne colle pas exactement au dispositif de Garcia. Mais il reste l’une des plus belles réussites de ce mercato.

Kostas Mitroglou

Après Gustavo, la deuxième surprise de ce mercato c’est l’arrivée de l’attaquant grec Mitroglou. Il sort de deux saisons de haut vol avec Benfica, où il aura marqué plus de 15 buts chacune. Il représente surtout l’attaquant complet par excellence, bon des deux pieds et de la tête, assez technique et physique, à la fois buteur et passeur décisif. Si on rajoute à ça sa grinta naturelle et ses facultés de renard des surfaces, on tient le pur 9 tant attendu. Petit problème : il a été recruté blessé, et ne pourra pas jouer avant octobre… Reste aussi à voir comment Garcia va gérer ses deux attaquants de haut niveau, aux profils différents qui peuvent s’avérer complémentaires.

Les départs

On ne fera pas de cas par cas pour les départs, mais un court aperçu des prêts, fins de prêts et transferts.

De tous les défenseurs centraux médiocres que compte l’effectif marseillais, c’est donc Karim Rekik qui est passé à la trappe. On lui souhaite bon vent en Allemagne. Tomas Hubocan part lui en prêt en Turquie, alors qu’il était l’un des moins mauvais de la bande et pouvait aussi dépanner à gauche. On regrettera surtout le départ définitif de Romain Sparagna, jeune prometteur qui avait montré de belles choses sous Bielsa.

Au milieu, William Vainqueur aura subi un feuilleton de l’été assez désagréable, avec comme cerise sur le gâteau cette fin de mercato où il était annoncé de retour, pour rien. Il suit la mouvance actuelle et part en Turquie, on lui souhaite bonne chance.

Devant, on pense évidemment à Bafetimbi Gomis qui malgré sa saison convaincante n’a pas eu de proposition suffisante pour qu’il reste. La Turquie pour lui aussi, où il semble continuer sur sa bonne lancée. Rémy Cabella file à Saint-Etienne en prêt, lui qui représentait une solution de secours plus sûre qu’Ocampos, préféré par Garcia.

 

Bilan : Un mercato mitigé

Sur le papier, un goût aigre-doux

Si l’on s’en tient aux stats et aux profils des joueurs, le mercato reste assez bon, avec l’arrivée d’internationaux ou ex-internationaux venus renforcer chaque ligne, apporter leur expérience pour lancer la machine « OM Champion’s Project ». A part Payet et éventuellement Mitroglou, les transferts ont de plus été pour la plupart de bons coups à bon coût.

Si l’on se veut moins optimiste, sur le papier toujours, on voit :

  • des joueurs pour la plupart sur le déclin, dont leurs beaux jours sont derrière (Evra, Rami, Mandanda, éventuellement Payet et Gustavo) ou dans une mauvaise passe (Abdennour, Amavi).
  • des joueurs de plus de 28 ans pour l’écrasante majorité, seuls Germain, Sanson et Amavi étant plus jeunes.
  • beaucoup de blessés, dont Mitroglou absent un mois alors qu’il vient de signer, Rami et Amavi en petite forme, Abdennour n’ayant pas joué depuis plusieurs mois. Pareil pour Evra débarqué blessé en janvier, pour le résultat qu’on connaît…
  • pas de renfort au milieu, Luiz Gustavo pour seul 6 de métier, pas de concurrents sérieux à Lopez et Sanson, alors qu’il était évident que c’était l’une des principales lacunes en ce début de saison.

Sur le terrain, le néant

En jettant un oeil aux joueurs en action, les craintes deviennent de flagrants problèmes.

Notre charnière centrale a prouvé à quel point elle était dépassée, tant sur coup de pied arrêté (contre Monaco), que dans le jeu (contre Rennes). Un manque de vitesse criant, parfois aussi de rigueur dans le repli défensif. La faute notamment à Evra, qui quitte régulièrement son poste en attaque sans fournir les efforts nécessaires pour revenir en cas de contre-attaque. Luiz Gustavo a plus d’une fois couvert ses arrières, contre Rennes c’est le pauvre Abdennour qui a fait les frais des errances de Tonton Pat.

Au milieu, comme dit plus haut, on se retrouve avec un trio GustavoLopezSanson séduisant sur le papier mais trop déséquilibré. Gustavo doit gérer son poste tout en couvrant les trous laissés par ses camarades, ce qui n’est pas envisageable à ce niveau. Lopez semble à côté de ses pompes en ce début de saison, pourtant il n’a aucun concurrent sérieux qui pourrait le pousser à se surpasser. Les montées de Sanson font du bien, mais avec un Payet qui ne défend pas et un Gustavo déjà très seul, on se retrouve en phase défensive à devoir serrer les fesses en espérant que nos centraux ne se fassent pas prendre de vitesse. Et on ne parlera pas de la carotte monumentale que nous a mis Bordeaux en nous vendant l’arnaque Sertic.

Devant, Payet confirme qu’il n’est toujours pas le joueur régulier qu’on attend depuis des années. Thauvin montre de l’envie mais retrouve trop souvent ses mauvais réflexes à jouer seul, sans compter son acharnement à tirer les coups de pied arrêtés, bien souvent avec maladresse. Devant eux, Germain semble souvent courir dans le vide. Il s’évertue à faire des appels et des décrochages souvent tranchants, mais qui ne sont que rarement exploités.

Au-delà du talent intrinsèque des joueurs, ce qui semble ressortir de ces lacunes ici pointées du doigt, c’est un cadre. On sent un manque de consigne, d’entente, et puis aussi de cruelles lacunes mentales. Où sont nos joueurs expérimentés quand le bateau prend l’eau ? Qui va écouter notre Tonton Pat’ à la mi-temps contre Rennes, quand on le voit se replacer à la vitesse d’un panda amorphe sur les deux buts ? De manière générale : qui pour prendre ses responsabilités quand l’équipe a besoin de repères ?

La faute à Garcia ?

On en vient donc à l’une des plus grosses interrogations pour le reste de la saison, c’est Garcia. S’il nous amène à une inespérée cinquième place l’année dernière, il le fait au détriment du jeu, ce qu’on lui concède bien volontiers avec un effectif dont il n’est pas responsable et une arrivée en cours de saison. Cela dit, on voit depuis début août les mêmes problèmes.

Dans le jeu, ce qui saute aux yeux c’est le manque de liant et d’organisation collective. Le bloc défensif reste assez bas avec le milieu défensif qui vient assurer la relance, créant par la même occasion un trou béant au milieu. On voit parfois même Payet redescendre chercher les ballons, ce qui prouve la deuxième lacune dont découle peut-être la première : la relance. Nos joueurs sont incapables de relancer proprement et efficacement le ballon. Comment expliquer les longs ballons envoyés sur Thauvin et Germain, alors qu’ils n’ont franchement pas la carrure pour gagner leurs duels aériens ?

rudi garcia om 2017

De manière générale, rien ne transparaît des consignes de Garcia. La construction est brouillonne est s’appuie bien souvent sur des exploits individuels (appel de Germain, passe de Payet, percée de Thauvin) et quelques combinaisons bien senties sur les montées de Sanson ou de Sakai. La transition défensive est souvent grotesque, avec un pressing désarticulé et des replacements souvent lents (Evra, encore et toujours). Les blocs sont étirés et ne coulissent pas de façon fluides, on ne ressent aucune évolution du placement au cours du match, aucune communication entre les joueurs. Comme s’ils étaient un peu perdus sur le terrain. On peut aussi parler de son manque de poigne, puisqu’il semble ne pas être capable de faire sortir un joueur médiocre sur le terrain (au hasard : E-V-R-A) ni de remettre en question la place de titulaire d’un Lopez ou d’un Thauvin pas toujours irréprochables.

Et le pire dans tout ça, c’est que Rudi Garcia a eu toutes les cartes en main à l’intersaison. C’est lui qui a validé ou refusé les recherches de Zubizaretta — on parle d’une centaine de joueurs supervisés et proposés. Il a eu toute un phase de préparation, dont des matches officiels (barrages Ligue Europa), pour mettre en place son jeu et pointer les manquements à combler. C’est lui qui décide de garder le maladroit Ocampos au détriment de Cabella, de se séparer d’Hubocan plutôt que d’une des autres chèvres de la défense, de ne pas faire confiance à un Kamara sortant du centre de formation et auréolé d’un statut de grand espoir, pour faire jouer un Sertic qui n’est juste pas à sa place… La liste est longue.

 


Au final, malgré de belles promesses et une communication ambitieuse, le mercato s’est avéré être un semi-échec. Peu de vision à long terme, des joueurs sur le déclin, une gestion étrange des arrivées et des départs… Le tout avec la question de la légitimité de l’entraîneur Rudi Garcia, qui semble confirmer de matches ratés en déclarations douteuses qu’il n’est plus (pas ?) l’homme de la situation. L’avenir et le retour des joueurs blessés nous permettront de prendre du recul sur ce mercato mitigé, et de voir éventuellement les rares promesses (Sanson, Amavi, Germain, Mitroglou…) porter leurs fruits. Comme dirait Laurent Paganelli : « on nous le souhaite en tout cas » !

 

➤ Et vous, vous pensez quoi de ce mercato de l’OM ?

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