Dunkerque : authenticité contre « patriotisme »

Dunkerque : authenticité contre « patriotisme »

Dunkerque, est donc une ville du Nord de la France d’où s’est déroulée la retraite des anglais en mai 1940. Et c’était pas super bien organisé…

Trois trames

Les premières minutes dans le film nous présente un personnage assez jeune et paumé, qui cherche juste à satisfaire un besoin naturel. Le pauvre se fait canarder alors qu’il fuit vers un lieu plus propice à son envie. S’ensuit une course pour la survie, où les bombes tomberont, les avions tireront en rafale, les bateaux couleront, etc… Ça c’est la première trame. Il y en a deux autres, une concernant deux aviateurs se dirigeant vers Dunkerque, et une dernière avec un vieux monsieur, son fils et un jeune ami, partis en mer pour secourir les soldats en danger. Ces trois trames sont entremêlées dans le montage, et ne se déroulent pas du tout en même temps. Certaines sont antérieures à d’autres.

Intensité et immersion

Christopher Nolan (Trilogie Dark Knight, Inception) a pitché son film à Warner Bros. comme « de la réalité virtuelle sans le casque » (source: premiere.fr). Et c’est effectivement ce que l’on ressent pendant la première demi-heure de Dunkerque. Les avions sifflent, vrombissent, les explosions font vibrer les sièges, et les balles sifflent dans nos oreilles. L’image, et surtout le son créent une sensation unique d’immersion, rappelant Gravity d’Alfonso Cuarón. Cette intensité est même parfois difficile à supporter, d’où l’utilité du montage un peu étrange. Même si cette façon de couper la plupart des séquences par d’autres bouts de séquence des autres trames peut sortir du film, elle permet de reprendre son souffle. Après, ça ne sert pas la narration, mais ça ne me paraît pas être le plus grave.

Contradiction du muet patriote

En confiant encore à premiere.fr son amour des films muets, Nolan explique que « Le défi, (dans Dunkerque), c’était de retranscrire le présent de sorte à ce que l’on en sache peu concernant les personnages avec qui nous vivions l’expérience ». Sauf que ce n’est pas toujours vrai. Le premier personnage rencontré, il trouve du papier, il s’accroupi, il se fait tirer dessus. Et il fuit. On comprend sa détresse, on est avec lui, on veut qu’il vive. C’est pas Captain America, c’est un pauvre gamin qu’on a forcé à quitter sa campagne pour aller se battre pour on ne sait quoi. Et les premières séquences sont quasiment sans paroles, mais on comprend.

La contradiction vient des autres séquences, plus verbeuses. Le problème, notamment concernant la « petite famille », c’est tout le discours très typique des films américains sur la patrie, le courage, l’honneur et leurs démonstration. On s’attache facilement à un troufion qui cherche à poser une pêche ou à survivre. Le vieux qui met un poing d’honneur à mettre en danger deux mineurs en zone de guerre ou le pilote qui vole jusqu’à plus d’essence, c’est déjà vu, c’est lourd, c’est prévisible et ça contredit les dires du réalisateur. Le premier on comprend ses intentions sans qu’il ne pipe mot. Les autres ne parlent que pour devenir des stéréotypes de héros américains. On perd l’authenticité qui permettait l’immersion émotionnelle.

L’avis de Marcel : ★★☆☆☆
Ainsi, une fois la phase d’immersion intense et continue terminée, il ne reste au film que des personnages dont la survie nous importe peu. Sans s’ennuyer, on attend que le film se termine. C’est dommage, surtout que Nolan fait partie des rares réalisateurs que Warner Bros laisse tranquille. Tout ça pour ça.

Site officiel [en]

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