Get Out : ambiance malaise et racisme

Get Out : ambiance malaise et racisme

Get Out est un film qui tire un peu vers l’horreur ou l’angoisse pour traiter du racisme aux États-Unis. Le malaise est au rendez-vous.

Comme souvent, essayez de privilégier la version originale, parce que le doublage français est assez catastrophique, mais ça n’empêche pas forcément d’apprécier le film. Get Out est donc le premier long métrage de Jordan Peele, acteur et scénariste américain.

Malaises

Chris, qui se trouve avoir la peau noire, va rencontrer les parents de sa copine, blanche, lors d’un weekend chez eux. Le père est lourd, le frère déplacé, et la mère obsédée par l’hypnose. Les domestiques sont tous noirs et un peu étranges. Lors d’une garden party où toute la bourgeoisie locale se ramène, le malaise se fait bien ressentir. Si vous venez d’un coin un peu connoté comme le Nord ou Marseille, vous avez sûrement assisté à ce genre de moment gênant ou votre hôte essaie de faire la conversation sur votre origine. On pourrait généralement faire un bingo avec « Degun », « Pastis », « OM », « Cagole » le tout avec un accent qui chante. Là c’est la même mais puissance mille. « J’ai voté Obama », « je connais Tiger Woods », « est-ce qu’elle est plus grosse ? », etc…

C’est ainsi un malaise croissant qui s’installe dans le film par des scènes de racisme ordinaire entrecoupées d’humour et de jump scares. Il est donc très efficace et rend bien compte de la cruelle banalité du quotidien d’un homme noir aux États-Unis d’Amérique. Vu les récents évènements politiques du pays, cette intention est salvatrice et le choix du film d’horreur pour exagérer partiellement les conséquences de la peur ou de la haine de l’autre est assez pertinente.

Le problème de la fin

Je vais spoiler pour cette partie et je m’adresse donc à ceux qui ont vu Get Out.

J’ai donc un problème avec cette histoire de transfert de bouts de cerveaux. Comme l’univers du film reste assez réaliste, la réalisation presque documentaire, c’est bizarre. On passerait volontiers sur l’idée d’esclaves sous hypnose. Mais l’idée du transhumanisme à travers des gars noirs « parce que c’est à la mode »… J’ai plus de mal. C’est dommage, car cet élément m’a sorti du film, dont la fin se précipite en dix minutes.

J’aurai personnellement préféré un traitement plus approfondi du « gouffre » lors des séances d’hypnose. En effet, ces séquences sont assez incroyables. Y voir Chris perdu dans son inconscient condamné à vivre ces séances par procuration devant une sorte d’écran, c’est assez spectaculaire. Et on aurait aimé en voir plus dans l’hypothèse de l’esclavage par hypnose.

L’avis de Marcel : ★★★★☆
Le film est très bon, très bien fait, quasiment sans faille, mais cette fin est trop tarabiscotée. Dommage, mais ça reste un excellent premier film. On demande à revoir toute l’équipe du film, car les acteurs, la musique, Jordan Peele, tous sont très bons.

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