Gilmore Girls revient sur Netflix

Gilmore Girls revient sur Netflix

Gilmore Girls est une série des années 2000 contant les aventures de la vie quotidienne de Lorelai, fille d’Emily et Richard Gilmore, et sa fille Rory. Luke, patron de restaurant, Lane et Paris, amies de Rory complètent le casting principal de cette série interrompue brutalement après sept saisons. Neuf ans après, Netflix permet aux créateurs de terminer la série avec la manière.

Contexte particulier

Les années 2000 auront été marqué par une quête d’ancrage au réel au cinéma. Ainsi Spider-Man peine à tisser, Batman affronte le terrorisme aléatoire et James Bond est contraint de se rebooter. Les communistes et le nucléaire, c’est dépassé. Malgré ces rebondissements de créativité « aux chiottes Michael Bay », Hollywood a repris ses droits pour finalement atteindre un juste milieu artificiel entre ancrage à notre réalité et divertissement. Alors que dans le même temps le cinéma indépendant va se singer lui-même pour associer petits budgets et bonnes audiences [$$$], le petit écran est devenu un refuge pour la créativité. Gilmore Girls n’est évidemment pas de ceux-là. Mais c’est un refuge pour se protéger du monde extérieur.

Lutte des classes

Gilmore Girls parle de relations amoureuses ou amicales, de disputes entre générations, de coups bas et de réconciliations à la verticale comme à l’horizontale. Pire, l’histoire se déroule dans un petit village du Connecticut. Ajoutons qu’une partie des drames concerne les tensions entre les riches grands-parents (Richard et Emily) et leur fille Lorelai. Sans aller plus loin on croirait la description des Feux de l’amour. En réalité, c’est plus que ça. Gilmore Girls parle de lutte des classes : la raison de la brouille entre Lorelai et ses parents concerne son choix de quitter leur caste à seize ans avec sa fille sous le bras. Et ceux-là, quand Rory trouvera son chemin vers les écoles prestigieuses, feront tout pour la sortir du milieu plus modeste dans laquelle sa mère l’a entraîné. Ils iront même jusqu’à s’insinuer régulièrement dans le choix des partenaires afin de préserver la lignée. Glauque.

Gilmore Girls Power*

Gilmore Girls est aussi assez avancé en montrant des personnages féminins volontaires et indépendants. Ainsi, Lorelai – qui a donné son nom à sa fille – a recommencé en bas de l’échelle jusqu’à devenir chef d’entreprise. Rory, pour la différencier, n’a qu’un objectif : atteindre Harvard et devenir journaliste. Et malgré une liste non négligeable de prétendants, elle ne se laissera jamais distraire de son objectif. Tout ceci à mette en contradiction avec Emily, femme au foyer hautement impliquée dans la futilité, dont on peut sincèrement se demander si elle est heureuse. Ajoutons également les amies de Rory, Paris et Lane. La première au fort tempérament n’est pas présenté comme une castratrice. Preuve qu’on peut faire des personnages féminins avec un peu de nuance. Lane quant à elle est victime d’une mère très religieuse, et connaîtra un destin contraire à son éducation. Dû assez ironiquement à son manque d’éducation… Sur un sujet précis.

Une écriture particulière et référencée

Ainsi la série dénonce les castes, le sexisme, les carcans religieux, Bush… Et elle le fait dans un format 24 épisodes de 40 minutes écrits comme des sitcoms avec des dialogues drôles et percutants. Ne cherchez pas un comique de service, Lorelai et Rory assurent la grande partie du show. À noter aussi dans l’écriture, la présence en abondance de références. De Tolstoï à Paul Anka, Gilmore Girls « déringardise » la culture et donne envie de s’y plonger. Être intello n’est ni exclusif ni barbant, au contraire. Plus le charme pas totalement naïf du ton et du lieu, petit village du Connecticut, cette série se veut surtout réconfortante.

Netflix anti gueule de bois

Cette suite de Netflix sera tout autant réconfortante après l’année Trump / Brexit. En plus d’apporter une voix toujours progressiste dans cette période trouble, cette saison est plus « réalisée », plus rythmée et plus fantaisiste. Une jolie fin en quatre épisodes de 90mn (pour les quatre saisons) avec des séquences mémorables et des personnages toujours bien écrits dont la présence dépasse le seul cadre de la nostalgie. Tout est utile, tout fait sens. Pas un chef d’oeuvre, mais une incitation abordable à réfléchir.

Revival(s)

Ce n’est pas la première fois que Netflix perpétue une série. Alors annulée, le service a repris la production d’Orphan Black. Plus récemment, une suite de La Fête à la Maison a été initiée 20 ans après la fin de la série d’origine. Sur d’autres chaînes, un spin-off de The Big Bang Theory est en projet par exemple. On peut aussi noter le remake de The Odd Couple avec Matthew Perry. Malgré toutes les qualités de la suite de Gilmore Girls, il ne faudrait pas que cette manie du reboot /spin-off / suite jusqu’à plus soif ne vienne pas envahir le dernier refuge des auteurs.


Gilmore Girls : Une nouvelle année est disponible sur Netflix depuis le 25 Novembre 2016

On retrouve Lauren Graham (Lorelai), Alexis Bledel (Rory), Scott Patterson (Luke) et Kelly Bishop (Emily)

* pas très fier de cette formule

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