La Belle et la Bête : the beast awakens

La Belle et la Bête : the beast awakens

Disney poursuit ses adaptations live de ses plus fameux dessins animés, et voilà que c’est le tour de la Belle et la Bête, sorti en France en 1992. Et c’est pas bon du tout…

Problèmes généraux

D’abord, je vais spoiler à mort parce que vous connaissez la fin, et tout ce que vous n’avez pas vu est si médiocre, qu’à la limite je vous rend service en vous préparant à l’inévitable.

On va rapidement évacuer les sujets pas forcément propres à la qualité intrinsèque du film. La Version Française est pourrie parce que pas du tout synchrone avec le mouvement des lèvres, c’est ridicule.
On a parlé d’un personnage ouvertement gay chez Disney. En fait, c’est Le Fou, le mec qui est fasciné par Gaston. Ben, il est toujours autant fasciné, sauf que maintenant il est efféminé genre La Cage aux Folles et à la fin il danse avec un homme. Quand dans l’original, Disney était très pudique, dans celui-ci ça galoche à tour de langue, sauf le Fou. Bravo Mickey, joli coup de com.

Sinon, quand un vrai cheval revient sans son cavalier, quand tu lui demandes où son propriétaire, ne t’attend pas à avoir une réponse. Ça marche dans le dessin animé, parce qu’on peut lire des émotions et des indications dans sa démarche et sur son visage, mais pas dans un film live.

Maléfique et les 40mn

Maléfique est considéré comme le premier de cette série de remakes live des films d’animation de Disney. Pas parfait, mais le long-métrage avait des partis pris intéressants, notamment en faisant du père de la princesse, le vrai vilain du film. On se recentre ainsi sur la méchante théorique, Maléfique, pour proposer sur la même base, est film très différent, qui raconte une autre histoire.

Ici, la firme aux grandes oreilles a fait un choix diamétralement opposé : faire une copie conforme. L’inquiétude vient dès la bande annonce où l’on pourrait faire un jeu des 7 différences entre la version de 1991 et celle de 2017. Et ça se confirme, on retrouve l’essentiel du dessin animé dans la Belle et la Bête de 2017. Sauf qu’il manque environ 40mn pour que ça dure 2h (parce qu’aujourd’hui, 1h30 ce n’est pas assez).

Scénario du vide

Alors, l’équipe du film a rajouté 40mn qui rendent le tout interminable. À commencer par une histoire d’enfance pour les deux personnages principaux. La mère de la Bête est morte dans sa jeunesse. Ne lui restait alors que son papa, gros méchant pas beau qui voulait rendre son fils aussi méchant que lui-même. Quelle originalité. Déjà ils te mettent une intro qui dure bien cinq minutes où le prince rejette la sorcière de façon grotesque genre « oh qu’il est vilain », mais faut qu’on sache pourquoi. Et ça ne dépasse pas le stade de la simple évocation et du flashback du gamin sur le lit de mort de sa mère. Pour Belle, on a l’évocation d’une mère défunte de la peste qu’on découvre lors d’une téléportation (et oui…) en plein Paris. Et c’est tout. On ne sait pas à quoi ça sert.

On peut aussi signaler les légers changements qui ont été pris comme Gaston qui accompagne le père de Belle, Maurice, à travers la forêt afin de trouver le château pour finalement le ligoter contre un arbre à la merci des loups. Dans l’original, il lui bottait le cul hors de sa taverne à la seule évocation de la Bête. Pourquoi faire simple si ça ne peut nous rajouter 40mn de supplice ?

Arnold, sors de ce corps

Puisqu’on parle du père, ses dialogues sont assez caractéristiques de cette tentation forte de prendre les enfants pour des cons. Maurice passe son temps à commenter ce qu’il est en train de faire. Parfois c’est sous prétexte de parler à son cheval, mais des fois, il parle tout seul. On dirait BFMTV qui commente des images en direct. Ce besoin qu’a le film, dans son intro notamment, de tout expliciter comme si un enfant ne pouvait pas le comprendre amène une série de dialogues creux relatant l’évidence.

Mais s’ils étaient juste creux, ça irait. Non, des fois ils sont même débiles. À la Mr. Freeze dans Batman et Robin. Big Ben, qui est donc une horloge, fais un jeu de mot avec sa condition dans quasiment chacune de ses répliques, genre « je suis remonté ». Lumière nous lâchera un « ça va chauffer » ou un truc dans le genre quand sa copine Plumette nous explique qu’elle « en perd ses plumes ». Comme dirait Mr. Freeze, « ça va geler ! »

Où est passé le budget ?

La Belle et la Bête se déroule donc en France, dans un village qui apparemment s’appelle Villeneuve. Encore une information supplémentaire dont la question de l’utilité se pose. Bref, et contrairement à la version de 1991, Belle vit en plein milieu du village, ce qui est étonnant vu qu’elle se dit « fermière » et qu’elle ne dispose que d’une parcelle digne d’un jardin partagé en centre-ville. Mais passons, le fait est que ce village est juste dégueulasse : trop propre, on dirait du carton, qu’il n’y avait pas de budget pour faire un décor village et un décor ferme et c’est assez flagrant.Le château quant à lui, est de qualité, mais tellement fade, nous y reviendrons.

L’autre problème posant la question du budget, ce sont les images de synthèse. La Bête est pas terrible – surtout quand il est mouillé – et on se dit que du maquillage aurait été mieux mais il y a bien pire. Oui les loups, mais bon, Mickey doit être un peu ric-rac en ce moment. Non, ce qui craint vraiment, ce sont les personnages objets, genre Lumière et Big Ben. Déjà leur design qui se veut réaliste (une horloge qui parle) ne permet pas de distinguer clairement leurs émotions mais ils sont horribles. Et à la fin, quand ils retrouvent leur apparence, ça se fait pas sur un morphing trop cool. Non, la caméra détourne le regard et hop, une star. Ah oui, il est passé là le budget !

Du grandiose au fade

C’est peut-être le plus grand problème. La Belle et la Bête est un conte grandiose. On se souvient tous des chansons, les musiques sont ancrées dans notre mémoire. Et beaucoup de ces scènes sont ici restituées sans la moindre saveur. La scène du bal, ou la salle est toute blanche, toute petite. La découverte de la bibliothèque qui était amenée par une certaine musique, là on en a créé une nouvelle, très commune et impossible à mémoriser. Ils ont réussi à rendre la séquence « c’est la fête » molle, c’est dire.

Et pourtant, un peu à la Star Wars 7, le film avait tout pour réussir : « regardez, on a pris les compositeurs originaux ». Oui, mais la nouvelle BO est pas terrible. « On va tout faire comme avant ». Oui, mais vous le faites moins bien. La Belle et la Bête était un film grandiose et féérique, ils ont rendu ça fade au possible dans une espèce de quête de réalisme dans un univers qui ne le nécessitait pas.

La 3D pour finir. Ben, elle sert à rien, sauf pour certains éléments comme pour essayer de justifier l’augmentation tarifaire. C’est plus possible, si vous n’avez rien à dire avec la 3D, n’en faites pas.

L’avis de Marcel : ☆☆☆☆☆
Disney a reproduit l’exploit de Star Wars : The Force Awakens. Jouer sur la corde nostalgique pour engranger des profits. Ils ne mettent même pas le budget dans la qualité générale, ils ne prennent pas un bon réalisateur pour exécuter le boulot, tous les choix sont très discutables. À part peut-être « l’âne machine à laver », il n’y a rien à sauver. C’est très décevant parce qu’Emma Watson en Belle, ça donnait envie.

Site officiel

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