La La Land : le film d’un passionné

La La Land : le film d’un passionné

Après Whiplash, Damien Chazelle nous propose La La Land, une comédie musicale notamment inspirée des films de Jacques Demy. Avec Emma Stone et Ryan Gosling, déjà partenaires dans la comédie romantique Crazy, Stupid, Love.

Stone et Gosling à La La Land

Alors le titre peut paraître un peu… allez, niais. Mais malgré le fait que ce soit une comédie romantique, le film est de haute qualité. 7 Golden Globes (un record) et 14 nominations aux Oscars, tu n’obtiens pas ce genre de résultat avec une daube non plus.

Meilleur scénario (original)

Voyons La La Land nous conte l’histoire de Sebastian et Mia. Le premier est fan de Jazz qui rêve d’ouvrir un bar, de Jazz. La deuxième est passionnée d’art dramatique et rêve de devenir actrice. À Hollywood, ces deux personnages vont se croiser, tomber amoureux (spoiler) et confronter leurs ambitions aux réalités. Le scénario de Damien Chazelle est en effet assez standard. Le film a tous les attrait d’un film populaire au bon sens du terme. Ce sujet des passions notamment, comme dans Whiplash, m’a un peu rappelé le Grand Bleu de Luc Besson. Et de la même façon, malgré cette simplicité, on sent la patte d’un passionné qui veut partager ce qu’il aime : le cinéma, la musique et surtout le Jazz. Donc, un scénario peu original (ah ah) mais qui sert son sujet.

Meilleure actrice

Emma Stone (The Amazing Spider-Man, Zombieland, La Couleur des Sentiments) fait partie des étoiles montantes. Après son Golden Globe pour la meilleure actrice dans une comédie musicale, reste à voir si elle prendra l’Oscar devant Isabelle Huppert qui a gagné le même trophée pour le drame Elle. Repartie des Screen Actors Guild Awards avec le prix de la meilleure actrice, on peut dire qu’elle a toutes ses chances. Je ne peux comparer, mais elle tient dans ce film une prestation technique et variée : elle chante, elle danse, elle pleure sur commande dans des castings horrifiants d’indifférence et passera dans ce film à travers une palette d’émotions  de la naïveté à la résignation avec brio.

Meilleur acteur

Ryan Gosling (Drive, Nice Guys, Beyond the Pines) a également obtenu le Golden Globe du meilleur acteur pour une comédie musicale mais sera repartie de la remise de prix du syndicat des acteurs au profit de Denzel Washington. Reconnu aujourd’hui comme un futur grand, on peut lui reprocher un jeu assez monolithique, ce qui peut être le cas ici. Mais ce manque d’émotion sert le décalage avec les situations comiques du film. Sa négociation avec J.K. Simmons au début du film donne le ton. Ou le la la. Drôle.

La Musique et l’Image

Bon, ça reste une comédie musicale de Damien Chazelle, donc, même si les acteurs sont franchement sans reproche, le film tire sa force de la musique et de l’image.

Meilleure musique et meilleure chanson originale

La musique n’a pas le truc des musiques populaires dont on se souvient dès la première écoute. Mais restons honnête, passée la troisième écoute elle reste en tête comme un souvenir nostalgique d’un doux moment. Bref la musique de Justin Hurwitz est très bien tout comme les chansons qui accompagnent à merveille l’histoire et les différentes situations. En effet, la présence de scènes de comédie musicale qui nous sort de la réalité crédible et l’absence de ces mêmes scènes accompagnées de musique sans chanson participent à la manière de raconter l’histoire. En effet, plus les personnages sont dans leur bulle d’idéalisme et plus le film le traduit par l’image, la musique, les personnages qui dansent, les couleurs, etc… Plus ils font face à la dure réalité, plus le film gagne en sobriété et en crédibilité.

Meilleur réalisateur et meilleur film

Le film sera ici en compétition avec Moonlight qui traite d’homosexualité dans un univers d’afro-américains confrontés à la délinquance. Ce film a obtenu le Golden Globe du meilleur film dramatique, et vu le sujet, on ne doute pas que s’il a obtenu ce prix, il doit être assez bon. Donc à voir si encore une fois l’Oscar du meilleur film est dissocié de celui de meilleur réalisateur. Car sur ce sujet, Damien Chazelle est un gars à surveiller. La La Land commence avec un plan séquence improbable de six minutes et les enchaîne dans les scènes de comédies musicales. Le réalisateur rend ainsi hommage aux vielles comédies musicales hollywoodiennes et aux films de Jacques Demy (Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort). Si vous avez déjà vu le film, je vous recommande de voir cette vidéo qui montre comment l’introduction a été tournée. C’est juste fou.

 

Et comme dit précédemment, le film montre tout le long une technique incroyable. Si vous aimez les réalisations léchées, préparez-vous à passer la moitié du film sans pouvoir retenir votre mâchoire inférieure. Et en plus, il utilise des effets originaux. Comme dans Whiplash, il pivote très rapidement la caméra d’un côté à l’autre pour montrer Ryan Gosling qui joue sur scène et Emma Stone qui danse sur la piste. Bref, c’est LE point fort du film et ça amène une réflexion. C’est un film simple et populaire avec une réalisation originale et d’exception. Donc ce n’est pas interdit de faire des films universels et de les faire bien, c’est même mieux. À bon entendeur.

L’avis de Marcel : ★★★★★
Une histoire intéressante sur les rêves et les passions, une réalisation exceptionnelle et originale, et un couple d’acteur qui fonctionne très bien. Proche de la perfection.


Site Officiel | Résultats aux Golden Globes | Nominations aux Oscars

Une réaction sur “La La Land : le film d’un passionné”

  1. Philippe says:

    Ce film met le spectateur en état d’apesanteur. La B.O. donne une pêche d’enfer… elle s’écoute, se réécoute en boucle.

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