Les films de Janvier 2018

Les films de Janvier 2018

Le mois de janvier rime avec nominés, primés et téléchargés parce qu’en salle bien après la sortie US. Voici donc nos avis sur les films sortis en Janvier 2018.

Risque de spoil : 60%.

Downsizing

La surpopulation semble poser problème pour que nous puissions continuer à consommer comme des cochons. Des scientifiques d’Europe du nord trouvent un moyen de réduire l’homo sapiens à une dizaine de centimètres pour limiter son empreinte sur la planète. Un monde miniature prend vie avec son économie, ses pauvres, ses réfugiés, ses fantasmes et ses réalités.

L’avis de Marcel : ★★☆☆☆
Le concept est clairement génial même s’il est un peu bancal : la surpopulation n’est pas le problème, la surconsommation l’est. Le monde miniature est incroyable, tout semble vraiment à taille réduite quand bien même on cadre à l’échelle des lilliputiens. Les décors, les meubles, certains objets de notre quotidien détournés, tout fait maison de Playmobil, étroit ou immense.
Le problème c’est que le long-métrage reste un pot-pourri de tout ce qui va mal dans nos sociétés. On sent l’aura de Trump planer au-dessus du film comme pour lui signifier qu’il a tort sur les nombreux sujets abordés par le film. Sauf que Downsizing ne va jamais au bout de rien et se termine en 20-30mn sur une série d’évènements dus au hasard avec une histoire écologique / religieuse sans grand intérêt narratif. C’est dommage.

Fireworks

Nazuna veut fuir de chez sa mère et décide d’emmener avec elle le vainqueur d’un 50m nage libre. Yusuke l’emporte mais se dégonfle au profit de son ami Norimichi, pourtant perdant de la course. La fugue ne se déroule pas comme prévu, mais le troisième protagoniste découvre un moyen de revenir en arrière pour revisiter cette journée. Et certains éléments ont changé, notamment les feux d’artifice…

L’avis de Marcel : ★★★☆☆
Bon, c’est pas le film de l’année ni même celui de janvier 2018, mais c’est une jolie histoire avec un côté l’Effet Papillon où le personnage remonte dans le temps mais modifie la structure de son monde. À chaque fois que Norimichi décide de revenir en arrière, il se dit « et si ? ». Le film est une invitation à éviter les actes manqués, et à dire ce qu’on a sur le cœur aux personnes auxquelles on tient car le moment opportun peut passer. Même si certains aspects peuvent êtres déconcertants, on va dire que ce sont des gamins et que c’est globalement mignon. On retrouve un univers bien japonais, mais comparés aux animes de Ghibli, ça reste pas hyper intéressant.

Les Heures Sombres

C’est la guerre ! Les politiciens anglais rivalisent de courage pour abandonner les responsabilités du Royaume-Uni à Winston Churchill, peu apprécié par le Roi George V et l’administration en général. Alors que les braves calculateurs cherchent un compromis avec Hitler, le nouveau Premier Ministre se refuse à envisager une Europe sous domination nazie. Durant ces charmantes tergiversations au palais de Westminster, l’armée britannique est acculée à Dunkerque.

L’avis de Marcel : ★★★★☆
On a pu résumer ce film à Dunkerque vu de Londres, et il est vrai que l’action de celui-ci se déroule au même moment. Et la comparaison s’arrête à peu près là, car Les Heures Sombres nous raconte une histoire intéressante. Il n’est pas tant question de nous montrer de braves citoyens de sa majesté risquer leurs vies de notre côté de la Manche. Il s’agit de montrer des politiciens prêts à plier face à un obstacle qu’ils imaginent insurmontable tout en arguant qu’en bons représentants du peuple, ils savent que les britanniques ne voudront pas s’y confronter.
C’est terriblement actuel, non ? Alors c’est ma vision de la chose, mais à un moment où les politiques laissent la finance dominer le débat tout en redirigeant les inquiétudes sur l’immigration, les idées d’extrême-droite gagnent à nouveau du terrain sur le Vieux Contient et ce, sans la moindre remise en question. Donc, si le « Brexit » ne nous a pas suffit, le film nous rappelle d’être prudent avec les forces boulimiques et belliqueuses, et pas moins avec les gouvernants qui leur sont complaisants.

Three Billboards

Le film a remporté 4 Golden Globes :

    • Meilleur Film Dramatique
    • Meilleur Scénario
    • Meilleure Actrice dans un Drame
    • Meilleur Acteur dans un Second Rôle dans un Drame

Mildred a perdu sa fille un an auparavant et décide de louer trois panneaux le long d’une route pour rappeler la police à ses obligations. S’ensuit une série de décisions, bonnes et mauvaises, qui auront parfois des conséquences dramatiques. Les colères légitimes s’affrontent et les altercations s’intensifient.

L’avis de Marcel : ★★★★★
C’est le film des Golden Globes, et s’il était sorti à temps, il aurait largement pu se faire une petite place dans mon TOP de l’année 2017. En attendant, c’est mon film préféré de janvier 2018 et il place la barre très haut. C’est peu commun, mais la morale du film est énoncée en tant que telle : « la colère engendre la colère ». Three Billboards démontre bien le cercle vicieux intrinsèque à la vengeance et au fait de régler soi-même ses conflits, à l’américaine en gros.
Donc, à ceux qui crient « laxisme de la justice », « peine de mort » et compagnie, ce long-métrage devrait vous plonger le nez dans votre fécalome idéologique. L’envie d’en découdre ne résout rien, et une société sans violence n’est possible qu’avec le respect des accusés, des plaignants et des personnes entre. Donc, malgré un flot d’insultes et de situations tragi-comiques, ce film parle d’amour. Et c’est bien.

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