On est en finale

On est en finale

Aujourd’hui c’est la finale de l’Europa League où s’affronteront l’Olympique de Marseille et l’Atlético Madrid. Ce soir, on met tout de côté, parce que l’équipe phocéenne pourrait de nouveau marquer l’Histoire du foot français, et pas que.

Parce qu’il faut bien le dire, l’OM, c’est pas pareil, comme sa cité. En quoi ? Il existe un peuple marseillais ! Alors que la droite s’inquiète pour l’identité française, alors que la gauche cherche la conscience de classe, ici, on est marseillais, sans ambiguïté et d’où que l’on vienne. Ce soir à Lyon, même Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon mettrons de côté leurs divergences pendant 90 minutes. L’Olympique de Marseille, c’est le plus grand dénominateur commun de cette ville qui a ouvert ses bras sans différenciation à tous les méditerranéens et au-delà. Et au Stade Vélodrome, pas de classe sociale, pas de genre, de sexe, de couleur, d’orientation et surtout pas de politique. On est tous blancs et bleus. On soutient nos valeureux chevaliers qui font briller d’une étoile étincelante le nom de la plus vielle ville de France aux quatre coins de l’Europe et du monde.

Certains ne comprennent pas l’engouement autour de cette équipe. Il est vrai que c’est étrange de voir une population pas bien riche casser sa tirelire tous les ans pour admirer 22 gars taper dans un ballon rond. Venez dans notre écrin trop coûteux, fabriqué en PPP, et vous comprendrez qu’il ne s’agit pas d’argent. Pas plus de pétro-dollars que d’euros. Le football est le sport où le point a le plus de valeur, puisqu’il n’est pas rare qu’un seul permette d’emporter un match. Donc une équipe faible peut vaincre une équipe beaucoup plus forte. Montpellier peut être champion de France l’année où les qataris investissent le PSG. Leicester peut passer devant tous les ogres de la Premier League. Un public en folie peut retourner un match et donner un destin prestigieux à 11 joueurs hétéroclites qui partagent une rage de vaincre.

Quel prestige ? Pour l’homme des parkings, l’importateur de soja brésilien ou le député, il y a beaucoup de prestige à emmener son club tout en haut de la scène européenne. Mais pour les pauvres bougres aux chants « violents », qu’en est-il ? Je vous retourne la question. Qu’il y a-t-il de si prestigieux à être la capitale de la mode, du tourisme, de la culture mondiale, d’avoir autant de sièges sociaux du CAC40, tous les médias nationaux, les centres du pouvoir et un des clubs les plus riches d’Europe ? Si vous y réfléchissez bien, pas grand chose. Ceci ne profite qu’à une minorité, heureuse de la mondialisation actuelle qui malgré toutes ces activités importantes s’ennuie tellement qu’elle s’adonne tous les six mois à une nouvelle mode ridicule… Comme le sans gluten.

Marseille est ignorée et laissée en pâture aux corrompus de tous bords, on ne parle d’elle que pour constater qu’il y a du trafic de drogue et des règlements de compte. Certains espèrent même que son multiculturalisme éclatera à la figure des progressistes. Les oreilles délicates des élites comme on le voit aujourd’hui dans les manifestations, sont toujours une bonne excuse pour taper sur la ville ou ses habitants. Et c’est pas que pendant les grèves les « vous comprenez, c’est pas bien de tout casser chez Aulas, sacripants ! » Bande de voyous que nous sommes !

Bref. Au milieu de tout ça, l’Olympique de Marseille c’est une pause et un moment de gloire. C’est le seul endroit où l’on peut dire qu’on sera toujours les premiers. C’est le seul endroit où les quartiers nord et sud se rencontrent, s’enlacent et chantent. C’est le seul endroit où jurer n’est pas grave, voire recommandé. La mauvaise foi est érigée au rang d’art. L’OM n’est pas une religion, c’est une soupape, un facilitateur social et une fierté commune. Les riches propriétaires passent et le peuple marseillais reste. L’Olympique de Marseille c’est nous. Bises au(x) troll(s) du web. Allez l’OM !

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