Oscars 2018 : ce qu’on a pensé des films nommés

Oscars 2018 : ce qu’on a pensé des films nommés

Après les Césars vendredi, ce soir très très tard dans la nuit après OM-Nantes, les Oscars 2018 récompenseront la crème de la crème du cinéma américain.

Ceux dont on a déjà parlé

Encore une fois, on en avait vu un certain nombre, et on ne va pas s’étaler à nouveaux sur ceux-là. Vous pouvez donc retrouver nos avis sur ces films, à savoir Star Wars 8, La Planète des Singes: Suprématie, Baby Driver, Dunkerque, Get Out, Les Gardiens de la Galaxie Vol 2, La Belle et la Bête, Kong: Skull Island, Logan et enfin Les Heures Sombres et Three Billboards. Ce dernier semble favori pour remporter le gros lot lors de ces Oscars 2018.

Celui dont on a omit de parler

Blade Runner 2049

Je ne fais pas partie des fans de Blade Runner, à se demander si Alien n’était pas un coup de chance quand on voit les derniers films SF de Ridley Scott… Lequel a laissé la main à l’excellent Denis Villeneuve (Arrival, Sicario) et il a bien fait. L’univers mis à jour est tout bonnement exceptionnel, le film est beau comme un camion et les personnages sont beaucoup plus intéressants que dans le premier volet. Rick Deckard est moins monolithique et plus complexe en 20mn que dans les deux bonnes heures de l’original. La relation entre le replicant joué par Ryan Gosling et sa femme hologramme est particulièrement bien exploitée et touchante. L’histoire est quand même bien sympa et l’ambiance générale, qui prend son temps, fait vraiment du bien – surtout quand on sort d’une saison de blockbusters moyens-. Ceci dit, je serais de mauvaise fois si je ne disais pas qu’il y avait pas quelques longueurs…

Ceux qu’on a rattrapé

Tout l’Argent du Monde

Après le catastrophique Alien Covenant, Ridley Scott (encore lui) prouve qu’il n’est pas encore bon pour la retraite. Il dresse ici le portrait de l’homme le plus riche de l’Histoire, incapable de verser un centime pour payer la rançon de son petit fils aux mains d’une mafia italienne. Déjà le film est international et c’est bien. Romain Duris joue en italien et c’est amusant. Cette histoire centrée sur la mère du capturé va traiter tous les aspects d’un enlèvement, notamment les médias, mais va surtout montrer l’absurdité d’une telle accumulation qui ne profite à personne.

Mudbound

C’est visuellement plutôt bon, mais faut être honnête, c’est subtile comme un éléphant dans un magasin de porcelaine et très prétentieux.

The Florida Project

J’ai pas compris…

Phantom Thread

Ce ne serait pas mon préféré de Paul Thomas Anderson (Magnolia forever), mais comme à son habitude, le film est parfait, les cadres sont magnifiquement composés, ça joue au poil de cul. Phantom Thread raconte l’histoire d’un vieux garçon couturier casse-bonbons comme pas deux qui voit sa vie « envahie » par une femme qui semble résister à ses manies et caractère de cochon. Le film tourne autour des relations toxiques, au sens propre comme figuré, et c’est plutôt pas mal tourné. En fait, il n’y a rien à ne lui reprocher, mais le tout n’est pas extrêmement passionnant.

La Forme de l’eau

Il faut le dire, le dernier Guillermo Del Toro (Crimson Peak) était plutôt décevant. Il a dit ne pas avoir voulu faire un film d’horreur sauf que c’en est un, et pas de la meilleure facture. C’est donc avec une relative impatiente qu’on attendait sa romance entre une femme de ménage muette et une créature aquatique. Et pourtant, il est très beau. La Forme de l’eau est très touchant et très sincère. En pleine période de guerre froide, où des différences idéologiques ont conduit aux pires abus de pouvoir, Del Toro essaie de montrer que la vraie monstruosité ne réside pas sur les visages ou dans les différences mais bien dans les cœurs. Certes, il n’a clairement pas vu la tête des hauts membres du Front National… Mais c’est beau comme pas permis, l’univers est magique, les personnages attachants, la sexualité bien traitée (pour une fois) et on sent vraiment la patte du réalisateur. Le film est bien parti pour cartonner lors de ces Oscars 2018.

Moi, Tonya

Moi, Tonya est sûrement le film le plus abouti et intéressant de cette sélection. Pour commencer, il n’y a rien à lui reprocher. Il est bien réalisé, monté, joué. Il est drôle, triste, violent… Très violent. Normal, c’est un peu le thème du film. La violence conjugale, la violence parentale, la violence de classe, la violence médiatique… Une personne qui a tout fait pour s’extraire de sa situation compliquée et qui y sera continuellement ramenée par ses proches comme par l’opinion extérieur. Sans les hiérarchiser, le film montre toutes les agressions qu’une femme pauvre en particulier peut recevoir au cours de sa vie. Bref, un excellent long-métrage, pas favori mais qui ne repartira pas bredouille je l’espère.

Call Me by Your Name

Je suis mitigé sur celui-là. En premier lieu, le réalisateur italien filme l’Europe méditerranéenne comme personne, on se sent chez soi. On repense aux étés de son enfance en Provence, et ça aide à bien rentrer dans le long-métrage. L’aspect très multi-culturel où ça parle anglais, français, italien et même allemand à l’occasion est un gros plus qui aide à passer le côté très bourgeois de la famille du héros. On insiste suffisamment sur le fait que ce sont des intellectuels sympathiques pour qu’on oublie la grande villa avec domestiques.

Mais c’est la romance entre le fils des savants et le nouvel arrivant qui ne m’a que moyennement convaincu. Une fois que c’est fait, c’est un peu beaucoup mièvre (notamment le coup du « appelle-moi par ton nom, je t’appellerai par le mien) mais ça reste parfois très sensuel parfois très doux et mignon. Mais c’est le cheminement qui me paraît compliqué. Les deux protagonistes jouent au chat et à la souris et les transitions entre les différents stades (haine, amour, rejet…) ne sont pas très claires, beaucoup dans le non-dit. Un peu trop. Des fois ils se font la gueule mais on ne sait pas pourquoi.

Alors, peut-être est-ce la passion refoulée parce que rappelons que chez nous en 1983, l’homosexualité était toujours une maladie mentale. Mais le cadre magnifique et l’absence totale de rappel de cette réalité ne nous aide pas comprendre, une fois immergé dans le film, que leur relation serait considérée comme interdite.

Lady Bird

Alors, Lady Bird est assez classique. C’est l’histoire d’une gamine de classe moyenne qui bave sur les garçons et le 4×4 de sa camarde de classe tellement bourge qu’elle en déborde de mépris pour les autres. Elle se bat avec sa mère, un peu particulière, pour faire une école d’art plutôt qu’une faculté chrétienne. Bref, à l’Ouest (à Sacramento), rien de nouveau. Mais il y a quelque chose d’inexplicable qui tient sûrement au jeu sans faille, à la photo magnifique, au changement d’époque (2002-2003) qui nous laisse avec une sensation de satisfaction. Celle d’avoir vu un bon long-métrage sincèrement plein de bons sentiments.

Pentagon Papers

Avant les Panama Papers ou les LuxLeaks, il y a eu une affaire liée au Pentagone qui maintenait une guerre ingagnable pour des raisons politiques. Et Washington était au courant, comme le prouve une étude qui va fuiter dans le New York Times sommé par la Maison Blanche d’interrompre sa diffusion. Jusqu’à ce que le Post, journal de plus petite envergure, retrouve les documents en question… Et là tout y est : autorité de l’État, liberté de la presse, connivence, l’argent des médias, etc…

Toutes les entraves à la délivrance d’une information pluraliste et transparente sont égrenées dans ce film de façon remarquable, et présente un monde qui aura vite besoin de Mediapart ou de Cash Investigation.  Entre un scénario cruellement contemporain et intelligent, et une réalisation aux petits oignons, Pentagon Papers est vraiment un très bon film. Le meilleur de Steven Spielberg depuis longtemps.

2 réactions sur “Oscars 2018 : ce qu’on a pensé des films nommés”

  1. Claude Conny says:

    Je suis impressionné,Il me semble que tu ou vous avez raté votre vocation car des critiques de cinéma en titre ne feraient pas mieux.

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