La Planète des Singes – Suprématie

La Planète des Singes – Suprématie

La Planète des Singes – Suprématie conclut cette trilogie / reboot sur les origines de César, meneur de la révolution des singes contre les humains.

/!\ Exceptionnellement, il y aura des SPOILERS… Parce-que c’est ainsi. /!\

La trilogie

On a donc affaire à une trilogie initiée en 2011 par La Planète des Singes – Les Origines avec James Franco dans le premier rôle. Il y essayait de sauver son père d’Alzheimer en testant sa découverte sur le singe César. Ce dernier finit par devenir très intelligent, et le produit se répand comme un virus, anéantissant au passage une bonne partie de l’humanité. La lutte entre les singes et leurs descendants commence.

Nous connaissons tous La Planète des Singes, l’un des remake a d’ailleurs failli tuer la carrière de Tim Burton. Quand l’annonce est faite qu’il y aura une trilogie sur les origines, on se disait alors « encore ? ». Finalement, une fois n’est pas coutume la Fox accouchera d’une oeuvre intéressante et audacieuse. Le premier épisode déjà, abordait avec assez de brio les mêmes thèmes que Jurassic Park, ainsi que la violence sur les animaux. Le deuxième, sera quasi entièrement muet puisque les singes communiquent en langage des signes. Et pendant ce temps, les simiens deviennent de plus en plus réalistes. César notamment, interprété en motion capture par Andy Serkis (Gollum, King Kong, Capitaine Haddock).

Début de la fin

L’humanité tente d’éliminer les singes reclus depuis un bon moment. C’est la guerre. Le film commence sur un élément dramatique provoqué par « le Colonel » (Woody Harrelson). Ainsi sera défini l’antagoniste de César qu’il pourchassera à travers des terres désolées. Avec ses acolytes, ils récupèreront une petite fille muette et un singe parlant, croiseront des congénères se prenant pour Jésus sur la croix et termineront leur voyage dans un camp de travail. Dirigé par le Colonel, évidemment. Parce que le Colonel, il vise la survie de son espère à une mutation du fameux virus qui entraîne une régression des humains. On voit immédiatement l’ironie de la chose, la même infection accroît les performances intellectuelles des singes tandis qu’elle nous ramène à notre animalité. D’où le mutisme.

Violence et raison

César veut se venger. Le Colonel fait de l’eugénisme pour sauver l’humanité (selon ses dires). Les deux font appel à leur cerveau reptilien. Le premier s’est vu assassiner son rejeton et sa femme par le deuxième, on comprend son désarroi. Pour le second, ben, on est de l’espèce menacée en question donc on se sent concernés… Toute la dualité de ces deux protagonistes se base sur ce dilemme moral. La vengeance attire des emmerdes d’un côté, l’eugénisme et le travail forcé des simiens, c’est mal. Et c’est intéressant de se trouver face à blockbuster où on comprend les intentions du « méchant », les intentions du « gentil » et qu’eux même comprennent et respectent les raisons de leurs actions. Une longue discussion au milieu du film entre César et le Colonel pose brillamment le film au-dessus de la mêlée et permet d’asseoir leur relation et les ambiguïtés.

Tires-larmes

Bon, il est très bien, mais ça reste un blockbuster américain, donc évidemment ils ont décidé par moment de tout casser avec des séquences inutiles. Le film est rempli de moments « tire-larme ». Le pire (et le plus flagrant), c’est à la mort d’un gorille membre du « suicide squad » (ah ! ah !) de César. Il se fait tirer dessus bêtement, quand la séquence précédente l’affichait comme affectueux. En effet, il met une jolie fleur dans les cheveux de la petite fille récupérée plus tôt, comme pour lui indiquer qu’elle était la bienvenue dans leur troupe d’élite. Et bam ! Il meurt. Elle pleure. On commence à s’attacher à lui et la seconde suivante c’est finit. Un peu facile. Inutile aussi.

La fin

Le pire restera la fin. Après presque 2h de long-métrage américain estival en quasi-muet, ce qui est cool, César survivra à tant de choses… Des grenades, un coup de feu l’atteignant, des explosions, une avalanche et tout ça pour mourir devant un coucher de soleil après quelques mots philosophes.

Et puis durant le camp, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ? Les singes passent la moitié du temps à se rebeller et sont assez peu punis pour ça. Quitte à faire de César le Moïse simien qui ramènera son peuple vers la terre promise et des camps de travail une évidente référence à la Deuxième Guerre Mondiale, pourquoi rendre ça si léger ? La cruauté de la bande de néo-nazis qui accompagne le Colonel est plus suggérée que vraiment montrée… On dirait Suicide Squad. S’ils ne disaient pas qu’ils étaient méchants, on le saurait tout juste. On les associe aux nazis pour que ce soit évident, mais cette époque ne devrait pas être une facilité scénaristique non plus. C’est regrettable.

L’avis de Marcel : ★★★★☆
La Planète des Singes – Suprématie conclut avec panache une trilogie de qualité, surtout à notre époque. Dommage pour tous les petits défauts qui peuvent plomber le visionnage. Personnellement, je lui pardonne ses errements pour sa belle ambition.

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