Ready Player One : question de génération

Ready Player One : question de génération

Steven Spielberg revient à la science-fiction treize ans après La Guerre des Mondes avec l’adaptation de Ready Player One, et… Le boss est enfin de retour !

Période Stranger Things

On verra comment les historiens décident d’appeler cette décennie de la pop culture, mais accordons-nous que la série de Netflix la qualifie assez bien. Ce moment où la nostalgie et l’imaginaire des années 80/90 a envahi nos salles obscures et télévisions. Super-héros, remakes, reboots, suites, lives et j’en passe. Rien que l’an dernier on a eu La Belle et la Bête, La Momie et King Kong. Quand Hollywood n’a plus beaucoup d’imagination et met tous ses œufs dans le même panier action / aventure PG13 teinté de nostalgie, Steven revient dans le genre et « tue le game ». C’est le cas de le dire.

Le film à références ultime

Le film est retro-futuriste bourré de références ça et là. L’histoire joue avec le concept même du « fanboy », cet individu si passionné par un univers qu’il essaie d’en collectionner le plus d’objets ou d’anecdotes à son sujet. Dans cet avenir non enviable promis par les plus capitalistes d’entre les puissants, le seul échappatoire est un monde virtuel, l’Oasis, créé par le génie de l’informatique James Halliday. À sa mort, il lance un concours pour trouver dans son jeu un Easter Egg.

Signifiant littéralement « œuf de pâque », on désigne un détail laissé à la discrétion des fans dans un programme informatique, un jeu ou autre. À l’intérieur de la coquille se trouve le contrôle total de l’Oasis et la fortune personnelle du bonhomme multi-milliardaire. Ready Player One va centrer son intrigue sur la découverte de ces références laissées par son créateur, tout en étant truffé de clins d’œil plus ou moins discrets. Alors que les protagonistes sont récompensés par leurs connaissances de la pop culture, le spectateur va se satisfaire de reconnaître les personnages, objets, décors ou musiques laissés l’équipe du film. En bref, l’Easter Egg représente un marqueur distinctif des passionnés, créateurs ou spectateurs / lecteurs / joueurs.

Musique

Note particulière, le film démarre sur Jump de Van Halen, cher à mon cœur de supporteur de l’OM. Ready Player One va clairement se lâcher sur les bonnes musiques pop qui envoient du lourd.

Spielberg ne fait guère référence à son propre univers. Au contraire, il intègrera plus volontiers le travail de ses amis comme Robert Zemeckis, réalisateur de Retour vers le Futur. Vue dans la bande annonce, la  fameuse DeLorean DMC-12 qui voyage dans le temps a ici un rôle important appuyé par la musique d’Alan Silvestri, déjà compositeur de la trilogie. Et cette bande originale qui rappelle sans singer est une pure merveille de nostalgie remise au goût du jour. Et c’est là tout le sujet de ce film, la nuance entre l’hommage et la copie.

Réalisation

Steven Spielberg a marqué toutes les générations  de réalisateurs qui l’ont suivi. Ainsi, on a vu nombre d’entre eux se proclamer héritiers du maître et engendrer des films d’action / aventure pas bien inspirés, notamment chez DC/Marvel. Et il se trouve que la dernière fois que le réalisateur s’était remis à la SF pour La Guerre des Mondes, on sentait la volonté de montrer qu’il n’était pas qu’un bisounours. Spielberg avait alors prouvé que Les Dents de la Mer n’était pas si loin, tout en se mettant à jour. Enfin il revient à la science fiction, et quelle claque pour tous les jeunes prodiges.

Ces derniers, seulement capables d’hommages appuyés et esthétisés, se sont pris une leçon de cinéma. Ready Player One est juste incroyable, limite orgasmique. Dès la première séquence d’action, on se retrouve dans une course complètement démente dont l’action reste particulièrement lisible et maintient la banane devant un tel délire jubilatoire. On se dit alors que le papi de 71 ans intègre mieux la 3D, la VR, la motion /performance  capture et les CGI que tous les petits jeunots. Espérons que qu’il les inspire à nouveau.

Les jeunes réalisateurs se sont perdus à essayer de reproduire ce qu’ils ont aimé étant enfants. La génération qui les a émerveillé revient ici sur ce terrain et réaffirme sa capacité à réintroduire les ingrédients de leurs succès passés tout en innovant. Ainsi, Spielberg exorcise la folie nostalgique en réalisant le film geek ultime, comme pour inciter la nouvelle génération à tuer le père une bonne fois pour toutes. Pour mieux avancer.


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