Song to Song : fétichismes en fish-eye

Song to Song : fétichismes en fish-eye

Song to Song raconte un triangle… Quatuor ? Plein de gens « amoureux », attirés les uns vers les autres pour le pouvoir, la renommée, la sexualité, partiellement filmé en GoPro.

Histoire

BV (Ryan Gosling) est musicien, et va connaître le succès grâce à Cook (Michael Fassbender), bien placé dans les rouages de cette industrie. À une de ses soirées, BV va rencontrer et tomber amoureux de Faye (Rooney Mara) ancienne maîtresse de Cook, lui-même anciennement marié à Rhonda (Natalie Portman).

Faye est intéressée par le pouvoir de Cook mais souhaite quand même être aimée par BV. Celui-ci souhaite vivre de la musique, sans se corrompre ou laisser sa copine aux mains de son « mentor ». Rhonda est attirée par le bagou de Cook. En gros.

Montage

Le film dure 2h et on attendra bien 1h, 1h30 avant de comprendre les enjeux de Song to Song. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas dans l’ordre. Genre, pas du tout. Le film va et vient sans cesse entre présent, passé, futur. À la limite, pourquoi pas ? Mais le montage dans son ensemble laisse un peu à désirer. Les séquences sont assez courtes, parfois filmées en GoPro, et s’enchaînent dans le désordre. Parce que ça le fait bien. Elles sont contemplatives et généralement accompagnées d’une phrase qui se veut très profonde en voix off.

D’un autre côté, c’est sûrement la façon la plus efficace de rendre une histoire d’amourettes hyper-sexualisées plus profonde qu’elle n’en a l’air. En vérité, une fois le film terminé, un petit goût d’amertume reste dans la bouche. Deux longues heures pour ça ? À ce niveau c’est plus de la prestidigitation que du cinéma. Comment faire d’une histoire fade un chef d’oeuvre ? Raté…

Contenu

Et si on voulait vraiment trouver de l’intérêt dans le montage, là vient le gros problème du film. C’est mièvre. Song to Song se veut sensuel, mais la dixième fois qu’on voit une actrice caresser les murs, ça devient grotesque. Le tout accompagné par les dialogues ou la voix off des personnages, pour ne déblatérer que des phrases vides en mode psychologie de comptoir ou d’adolescent moyen. Donc, au bout d’une heure de contemplation / instant « philosophique » vide de sens / touche mur coquin, on a clairement envie de quitter la salle. Pour donner un exemple qui reste le summum, Faye explique en voix off « Je ne peux plus regarder les oiseaux, parce que je les ai vu avec toi ». À l’écoute de cette pensée on croirait être tombé sur le journal intime de Miley Cyrus, mais comme c’est Terrence Malick, on va plutôt crier au génie.

L’avis de Marcel : ★☆☆☆☆
Song to Song est donc assez étrange. C’est à se demander si le réalisateur ne s’est pas tapé un délire esthétique creux pour voir si ses adorateurs le suivraient béatement. Si c’est ça, ils ne l’auront pas déçu. En effet, le film a reçu des critiques dithyrambiques pour ce qui reste quand même une oeuvre certes agréable à l’oeil mais dont le contenu est assez simple et les dialogues complètement mièvres.

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