Spider-Man Homecoming et les parts de marché

Spider-Man Homecoming et les parts de marché

Il y a peu, à l’idée de voir l’homme araignée rejoindre Iron Man et Captain America, on avait envie de remercier les hackers nord-coréen. Maintenant, je leur en veux un peu pour Spider-Man Homecoming…

Les droits et les devoirs

En 2002, Spider-Man de Sam Raimi sort sur les écrans du monde entier. Tobey Maguire y joue un Peter Parker en proie aux doutes et aux regrets. Victime le jour, héros la nuit, le petit en bave, mais se donne du courage grâce à une morsure d’araignée. Après deux autres épisodes aux qualités variables, tout fout le camp, y compris le casting et le réalisateur.

En 2012, ne pouvant réaliser un Spider-Man 4 et après la claque réaliste / auteur The Dark Knight, impossible de continuer sur la lancée précédente. Même James Bond a dû se rebooter après Jason Bourne. Marc Webb (500 Jours Ensemble), Andrew Garfield et Emma Stone composent ce renouveau hâtif de Sony. Car ils perdaient les droits d’adaptation dans le cas contraire.

Les deux films passent mal, et un hacking plus tard, Sony jette l’éponge et renégocie son accord sur l’homme araignée. Spider-Man entrera dans le Marvel Cinematic Universe et rejoindra les Avengers. Ainsi naquit Spider-Man Homecoming.

Freaks and Geeks

Après le lycée années 70 de la première trilogie, le lycée plus contemporain des épisodes plus récent, Spider-Man Homecoming nous présente une redite de Freaks and Geeks, sauf qu’il n’y a pas de freaks. Il n’y a que des geeks. Alors, pas de Flash Thompson ? Qui va pourrir la vie de Peter Parker quand il n’affronte pas un scientifique à la dérive ? Ben, Flash Thompson. Qui fait partie de son groupe social. Parce que oui, Peter Parker a une vie sociale. Les filles le kiffe mais il ne le voit pas.

C’est assez personnel, mais, c’est le statut de victime pour son intelligence et sa différence qui rendent Peter Parker attachant pour les dits « geeks » ou « nerds ». Le voir ici comme un élève plutôt bon, globalement accepté et jamais en danger (voire un peu turbulent pour pas grand chose), on perd un peu d’impact. Oh, mais c’est normal ! C’est un Marvel…

Faut que ça glisse !

Chez Disney ils ont trouvé LA recette pour rendre un film fade digeste. De l’humour et de l’action. Devinez quoi ? Spider-Man Homecoming ne fait pas exception à la règle. Mais c’est énervant. Après Wonder Woman et la Momie, certes d’univers étendus concurrents, on pouvait espérer plus de qualité dans ces films-épisode. Ben non. Et le manque d’impact cité précédemment en est un peu la base.

Oncle Ben est mort, on le sait. Mais sa disparition, c’est la base des motivations du personnage. Un dangereux mélange entre vengeance et désir de justice, d’un pauvre gamin harcelé du Queens qui va être doté de pouvoirs conséquents. Mais là non. Il a plein de pouvoirs, c’est trop cool. Responsabilités ? L’impact de ses actes ? Mais de quoi parle-t-on ?

Et ça va assez loin. Avant, même contre du menu fretin, quand Peter Parker retirait sa tenue intégrale, c’est pour révéler les bleus, les coupures, les bandages… Là non, jamais ! Le mec chute d’un avion, se prend un bâtiment sur la gueule, tout juste il a un oeil au beurre noir.

De l’humour et de l’action

Bref, la recette de Marvel, c’est de l’humour et de l’action. Quand les personnages sont fades, pourquoi pas ? Ça rend pas le film bon, mais moyen. Là, on a des personnages sympas qui sont pas exploités. D’abord Tony Stark, qui fait trois apparitions en mode mentor mal à l’aise dans le rôle. Tante May, qu’on aurait aimé voir plus, malmenée entre blagues graveleuses et lunettes de vieilles. Quitte à prendre une jeune actrice, assume d’avoir un personnage plus jeune. Mais non, c’est pas traité. Ensuite il y a Michelle, éprise de Peter, dont le nom découvert à la fin va révéler une importance toute relative. Elle est marrante, intéressante, mais peu présente. Reste Ned, le meilleur ami (à défaut de Harry Osborn). Il est génial, il fait le film à lui tout seul.

Un Parker fade

Reste que, même si ces personnages sont peu approfondis, ils effacent Peter Parker à chaque apparition. Même la voix de son costume est la seule raison d’une longue séquence de solitude. Et beaucoup de choses sont ainsi. Destinées à n’exister que pour elles-même. Elles ne font pas bien avancer l’histoire, ou alors 30 secondes pour dix minutes de gags et d’action. À chaque fois qu’on pourrait voir quelque chose d’intéressant comme la première soirée ou les motivations du vautour.

Michael Keaton en roue libre, interprète un père de famille qui a décidé de dire « merde » à la lutte des classes et à… Tony Stark. Bon, une intro, et un discours de méchant plus tard, ben voilà… Et il participe du manque d’impact du film, en butant Shocker au début du film… Comme ça… Avec humour.

L’avis de Marcel : ★★★☆☆
Bon, c’est pas mauvais… C’est juste comme tout Marvel, mais là c’est Spider-Man, un personnage qui a déjà eu droit à deux autres cycles d’adaptation en 15 ans. Donc, à force d’éviter de se répéter, on n’a plus rien à raconter jusqu’à en perdre l’essence du personnage. Et à force de lisser, on ne parle plus qu’aux « geeks harcelés » mais aussi aux « freaks harceleurs ». On accède à d’autres part de marché. Ça fait chier, mais on s’amuse… Pas plus.

Site officiel [en]

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