Top 2017 Cinéma : les films estimés

Top 2017 Cinéma : les films estimés

2017 aura été une année riche en médiocrité. Qu’elle est loin l’époque de la Nouvelle Vague ou du Nouvel Hollywood. La cupidité a définitivement repris la main sur le cinéma mondial. Mais, parmi tous ces rebuts, certains auteurs ont réussi à se frayer un chemin au milieu de cette industrie en recherche de rentabilité mécanique. Elles et ils ont été une lueur d’espoir dans ce brouillard marketing. Voici nos films préférés de cette année.

120 Battements par Minute

Top 2017 : 120 Battements par Minute

Quand récemment la Manif pour tous battait le pavé après la messe du dimanche, au début des années 90, c’était les malades du SIDA qui étaient en lutte. Sous Mitterand, ils étaient largement assimilés à des déviants dont le sort n’intéressait guère. Les associations baladées entre les politiques et l’industrie pharmaceutique n’obtiennent que peu de résultats.

Le film suit alors Act’up, une association qui se spécialise dans le coup d’éclat afin d’atteindre plus efficacement l’opinion. Le choix du sujet est très grave et traité de façon exemplaire. C’est clinique, presque documentaire et très respectueux. Le militantisme est exaltant. Les propositions de cinéma sont magnifiques. Déçu qu’il n’ait pas été  sélectionné pour les Oscars, car pour nous, c’est le film de l’année.

Notre critique (ou presque)

Mother!

Top 2017 : Mother!

Une claque, tout simplement. Darren Aronofsky revient avec un film ambitieux et singulier. Le long-métrage n’est pas la narration d’une histoire de couple mais une figure de style sur l’environnement, la religion, la création, chacun y a vu ce qu’il voulait y voir. Il faut quelques jours pour assimiler ce qu’on a vu. Comme Dunkerque, le travail sur le son est incroyable. Sauf qu’il y a une histoire intéressante là… Bref, l’image, les transitions de la dernière partie, tout est impressionnant. Dernier point, Jennifer Lawrence qui est présente sur tous les plans s’impose encore comme une référence dans son domaine. L’Oscar est à elle.

Notre critique

Tunnel

Top 2017 : Tunnel

Après la sélection officielle du Festival de Cannes du Dernier Train pour Busan, la Corée du Sud est de nouveau à l’honneur avec un film tout aussi caustique, très critique du gouvernement, des industriels et des médias. C’est l’histoire d’un homme piégé dans un tunnel qui s’est effondré sur sa voiture et des personnes qui vont participer à son extraction. Si le film de zombie sentait la lutte des classes dans un train, Tunnel c’est l’arrière-salle d’une tragédie qui devient nationale. C’est le portrait d’une société guidée par les intérêts, le buzz ou les sondages d’opinion. C’est terrifiant et s’applique très nettement à nos sociétés occidentales.

Notre critique

La La Land

Top 2017 : La La Land

Le petit génie franco-américain Damian Chazelle poursuit son hommage au jazz et le thème des sacrifices de l’artiste avec un film inspiré de Jacques Demi et des anciennes comédies musicales hollywoodiennes. La seule séquence d’introduction, le long plan-séquence sur l’autoroute, suffit à nous scotcher. Le duo Emma Stone (Oscar pour cette performance) et Ryan Gosling fonctionne à merveille, la musique (Oscar) et la réalisation (Oscar) sont géniales, on veut voir plus de cinéma de divertissement de ce calibre. C’est beau, c’est bien fait, c’est intéressant, c’est référencé.

Notre critique

M et Mme Adelman

Top 2017 : M & Mme Adelman

Le facétieux Nicolas Bedos a co-écrit avec Doria Thillier, compagne à la vie et à l’écran, l’histoire d’un auteur à succès et de sa femme et inversement. Une histoire d’amour tumultueuse et assez loin des clichés romantiques et mièvres. Plutôt le contraire en fait. Le film est beau et bien réalisé, un français qui se donne du mal, ça fait plaisir. Il a beau s’appeler Bedos, il y a des « enfants de » qui pensent que tout leur est acquis et il y a ceux qui ne se sentiront jamais légitimes, et il fait partie de ces derniers. L’actrice est une révélation et le seul regret c’est le nombre insensés de logos ayant participé à la production du film.

De l’argent pour les Ch’tis le retour, les conneries avec Kev Adams ou les manifestes du Medef on en trouve, mais pour un joli film qui sort un peu du cadre faut se battre. Et on se permet de regarder de haut ceux qui récemment ne pouvaient hésiter qu’entre Clinton et Trump.

Notre critique

Au revoir là-haut

Top 2017 : Au revoir là-haut

En omettant un personnage principal un peu irritant, Au revoir là-haut est la preuve que le cinéma français est capable de faire des films qui ont de la gueule. La première séquence dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale rivalise avec les grands films de guerre américains, et le reste est loin d’une succession de plans fixes dans une cuisine avec des personnages mornes cigarette au bec.

L’histoire suivant deux arnaques liées à 14-18 tombe à point nommé quand le monde semble prêt à faire la guerre. On peut légitimement se demander quels intérêts défendraient de telles positions belliqueuses vis-à-vis de leurs voisins… L’argent, toujours l’argent.

Colossal

Top 2017 : Colossal

Alors on se rappelle l’histoire autour d’Okja à Cannes, où les grands pontes du cinéma ont décidé qu’un film, ça sort dans un Gaumont / Pathé / UGC / MK2… D’après ces critères, Colossal de Nacho Vigalondo (Open Windows) n’est pas un film, parce que les bons distributeurs n’ont pas souhaité sortir ce plus ou moins « film de monstre ». En 2017. Et c’est bien dommage. Alors pour chialer quand Netflix se garde ses productions, on a du temps libre. Mais pour diffuser de bons films à côté de ces putains d’univers étendus qui envahissent les écrans, y’a plus personne.

Selon les propres mots du réalisateur, Colossal raconte l’histoire d’une trentenaire dont la vie n’est pas au mieux qui fait apparaître une créature géante sur Séoul quand elle boit. Ce film est excellent. Le pitch est complètement fou, et cache assez peu discrètement un message sur la violence, notamment celle faite aux femmes. Intéressant de le voir après le scandale Weinstein et #BalanceTonPorc, si certains ont encore du mal à comprendre cette colère. Le long-métrage est surprenant, intimiste et puissant. Les acteurs sont excellents. Dommage que ce ne soit pas un film.

Nothingwood

Top 2017 : Nothingwood

Un documentaire sur un réalisateur Afghan qui fait des films avec les moyens du bord. Ses inspirations sont diverses, le résultat est peu convainquant mais consciencieux. Le besoin de culture existe et doit être assouvi. Le film nous montrera que parmi les talibans, il existe un trafic de DVD où circule nombre des productions de Salim Shaheen. Même avec rien, d’où « Nothingwood« , les gens ont besoin qu’on leur raconte des histoires, les gens ont besoin de cinéma. C’est un beau voyage à travers ce pays en guerre très méconnu et stéréotypé, et ça fait du bien à notre humanité et notre compréhension du monde.

Notre critique

Wonder Woman

Top 2017 : Wonder Woman

Alors je dis du mal des super-héros et je mets Wonder Woman dans mon Top 2017. Ouais. Parce que celui-ci est spécial. À noter qu’un film de personnages hauts en couleur avec des pouvoirs spéciaux est un film comme les autres. Celui-ci est d’ores et déjà dans mes quatre favoris du genre. Mais pourquoi ? Eh bien parce qu’il y a une histoire intéressante, une héroïne intéressante accompagnée de personnages intéressants et ce que dit le long-métrage de la guerre est ma foi plutôt osé pour un blockbuster.

Wonder Woman distille même une sorte d’ironie puisque l’amazone poursuit une sorte de chimère en cherchant à éliminer « le méchant ultime » qui est responsable de la violence des Hommes. Pourtant c’est un peu la base des films d’action, « un grand méchant qui veut détruire le monde » (troll de Justice League ?). Ben là non, juste une bande de ronds-de-cuir à moustache qui évaluent de façon « pragmatique » si la guerre est profitable ou non. Et le pire, quand bien même elle tue Arès et met fin à la guerre, nous savons tous qu’il y en a une suivante qui n’a rien à envier à la première en termes de créativité meurtrière.

C’est même une jolie métaphore de la vie. Enfant on a des croyances qu’on souhaite mettre en application adolescent sous forme de convictions qui se confrontent à la réalité une fois adulte. Non, le monde il est pas tout beau, ni même subdivisé avec les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Et puis, quel modèle ce personnage.

Notre critique

Valérian

Top 2017 : Valérian

Pour finir, le malheureux Valérian qui n’a pourtant à envier au dernier Star Wars et qui a subit un lynchage qui ne me semble pas mérité. Ses seuls défauts étaient d’avoir été mal vendus et de ne pas être dénué d’embonpoint. Certaines séquences ne servent effectivement pas l’histoire, juste à partager ce monde merveilleux que Besson a fait surgir des BD de son enfance. Mais ça n’enlève rien au rythme du film qui en vérité ne se concentre pas sur les deux flics de l’espace mais sur une espèce humanoïde en danger d’extinction en raison des guerres des Hommes. Oui, encore. Comme la plupart des espèces et certaines tribus d’Amazonie, les Pearls vivent en harmonie avec leur environnement détruit par des impérialistes blancs qui aiment se taper sur la gueule avec d’autres impérialistes blancs. C’est un beau message, fort. Enfin, c’est fun et innovant, le duo fonctionne bien. Que demande le peuple ?

Notre critique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *