Valérian : le buddy movie de l’espace

Valérian : le buddy movie de l’espace

Enfin ! Quarante ans après La Guerre des Étoiles, la France sort son premier Space Opera. Et c’est Luc Besson qui nous entraîne dans l’univers futuriste de Valérian et Laureline.

Luc Besson l’américain

On va commencer par noter que, contrairement à pas mal de gens, j’aime beaucoup le cinéma de Besson. Et j’apprécie particulièrement son apport au cinéma français. Même le Transporteur. En revanche, je préfère Nikita, Le Grand Bleu ou Angel-A au Cinquième Élément ou à Lucy.

Le reproche souvent fait à Luc Besson, c’est d’être un réalisateur américain infiltré dans notre magnifique cinéma français. Un cinéma pur et sans contrainte où chaque film est une oeuvre unique, profonde et innovante. Comme le prouvent les Tuches, les Profs, les films de Dany Boon ou les récents de Christian Clavier. Bref, les diffuseurs ayant l’obligation de participer à la création de contenu, ils sont pas plus cons que les viles majors américaines, ils prennent des garanties. Grands noms sur l’affiche, scénario dans l’air du temps, genre apprécié du grand public comme la comédie… Donc arrêtons l’auto-congratulation aveugle, notre cinéma il pue pas moins que les autres.

Luc Besson ne fait pas du cinéma américain. Luc Besson fait du cinéma de genre. Les yankees n’ont pas inventé la Science Fiction, Star Wars s’est d’ailleurs beaucoup inspiré de la BD Valérian et Laureline. Donc, si Besson veut faire un film de SF français, tourné en France avec des intermittents du spectacle français, c’est son bon droit, et c’est une bonne chose. Et si Besson réussi à changer la loi pour faciliter la création cinématographique en France, y compris par des étrangers (cf Dunkerque), c’est super. Le cinéma, c’est pas Bernard Arnault qui fait de la « mode » en Thaïlande. C’est de la culture qui nécessite de l’argent, et si c’était un univers à milliardaires qui défiscalisent plus vite que leurs ombres, ça se saurait.

La SF réinventée

La première séquence présentant nos deux héros dans le feu de l’action se déroule dans un désert et un dans bazar. Les deux en même temps. Luc Besson nous fait l’honneur d’une première scène d’action sur deux univers parallèles, fourmillants de détails et de créatures. Cette séquence présente l’avancée des technologies, la nature des échanges inter-planètes, et la mission qui conduira Valérian et Laureline dans l’intrigue principale du film. Cette séquence est certainement la meilleure et la plus innovante du film, si bien que même les détracteurs les plus haineux y reconnaissent un véritable vent de fraîcheur sur le genre. On y voit le potentiel de cet univers et des capacités du réalisateur à surprendre. Quand Star Wars se trouve entre les mains de la firme aux grandes oreilles, c’est très rassurant.

Je te sauve… moi non plus

Il me semble que le premier problème de Valérian et la cité des mille planètes, c’est sa communication. En regardant les bandes annonces, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Mais à force d’être ramené à simple Star Wars français, on peut s’attendre au même type d’histoire. Alors que pas du tout. Quand les films de George Lucas sont plus tirés des tragédies grecques ou des mythes arthuriens, Valérian c’est plus un film policier dans l’espace.

« Le film français le plus cher de l’histoire » est donc un genre de l’Arme Fatale spatial. Ça pète moins que la chute d’une République galactique et l’avènement d’un empire, mais deux agents spatiaux sur une enquête autour de la cité Alpha, centre des savoirs et des intelligences des espèces connues, c’est bien aussi. Car l’intrigue policière conduit les héros à naviguer dans un univers fantasmé, où des formes de vie très différentes s’accordent pour mettre en commun ce qu’il y a de plus précieux dans ce monde. Vous savez ? Ce que Trump empêche de faire en interdisant les résidents de certains pays d’entrer aux États-Unis.

Alors certes, beaucoup des péripéties parallèles ou liées à la mission consistent en Laureline qui sauve Valérian et inversement. Certes, ça fait un peu « regardez mon univers, il est trop cool ! » Mais, d’un autre côté, cet univers, c’est le fantasme d’une humanité unifiée, de la symbiose. Et c’est un peu le sujet du film, ce qui donne effectivement quelques personnages superficiels.

Les personnages

Bon, le duo de choc Valérian et Laureline, rien à dire si ce n’est que le film aurait dû porter leurs deux noms tant la deuxième l’emporte sur le premier. On reconnaît ici bien Besson, qui a favorisé son héroïne. Mais bon, au niveau marketing, un seul nom c’est plus simple. En tout cas, rien à dire sur le duo, y compris l’ancienne mannequin qui signe ici une performance digne de laisser oublier qu’elle était dans Suicide Squad. Leur intrigue amoureuse pimentée et moderne consolide un couple qu’on découvre quasi formé au début du film.

Les personnages secondaires, c’est plus compliqué. D’abord il y a Alain Chabat qu’on voit cinq minutes dont l’utilité est discutable, mais encore une fois il sert à présenter l’univers. On a aussi Ethan Hawk qui est marrant cinq minutes, toujours.

Ceux qui sont très réussis, c’est les trois canards qui savent tout, ils sont excellents, à chaque apparition la salle rit beaucoup. Et ils sont essentiels dans l’avancée de l’intrigue, puisqu’il savent tout.

Enfin il y a le cas Rihanna. Alors, elle est là un peu plus de cinq minutes, mais sa présence est plus symbolique encore une fois. Censée incarner les apatrides et les sans papiers, elle intègre une partie obscure d’Alpha. Ceux qui ne réussissent pas dans cette cité idyllique de collaboration et de paix se retrouvent dans des situations peu envieuses. Elle aurait mérité plus de traitement, mais ça reste cohérent avec ce que Besson semble chercher. Notre monde dans 400 ans, pas si éloigné en termes d’inégalité, de corruption, etc…

Les Pearls (spoilers)

Le film est également beaucoup comparé au Cinquième Élément, toujours avec cette question d’enjeu. Mais même si ceux de l’enquête paraissent moins importants, c’est un choix du réalisateur. Il a assez clairement voulu décrire des situations sociales et écologiques dramatiques, à opposer à des êtres parfaits, pros de la symbiose avec la nature, à savoir les Pearls. La destruction de leur planète comme dommage collatéral d’une guerre qui n’a rien à voir avec eux nous rappelle (Avatar, oui, on sait !) l’impact des décision des pays riches sur les pays pauvres. On est quand même en train de causer la plus grande extinction d’espèces depuis les dinosaures. Bientôt La Planète des Singes sera une fiction à double titre : il n’y en aura plus !

Alors oui, c’est pas Roméo et Juliette avec des grands bonhommes bleus, c’est plus James Bond et Fields aux prises avec un lobby de l’eau (oui je sais, Quantum of Solace n’est pas top). Mais les Pearls, c’est l’objectif à atteindre : l’intégration dans notre environnement. Aujourd’hui, l’humanité est axée sur le repli, la peur, la crétinisation, la remise en cause des égalités et le surarmement.

L’avis de Marcel : ★★★★☆
Valérian et la cité des mille planètes est donc un film de Besson. Candide, il cherche à dénoncer les torts de nos société modernes et montre un idéal. Certes l’intrigue en pâti, certes certains personnages ne sont pas assez développés, mais l’univers est magique et inédit, le film est prenant et le message est là. Oui, à la Besson. Mais si vous n’aimez pas sa simplicité, n’allez pas voir ses films.

Site officiel | Notre live aux Grand Rex

2 réactions sur “Valérian : le buddy movie de l’espace”

  1. Pingback: Star Wars : Les Derniers Jedi - le fantôme d'Abrams – Le Cabanon de Marcel
  2. Trackback: Star Wars : Les Derniers Jedi - le fantôme d'Abrams – Le Cabanon de Marcel
  3. Pingback: Top 2017 Cinéma : les films estimés – Le Cabanon de Marcel
  4. Trackback: Top 2017 Cinéma : les films estimés – Le Cabanon de Marcel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *