Wonder Woman : enfin un DC accompli

Wonder Woman : enfin un DC accompli

Wonder Woman est le quatrième film du DC Extended Universe (DCEU) et le premier de cette nouvelle aire hollywoodienne intégrant une super-héroïne. 

Enfonçons les portes ouvertes

Après Superman, Batman, Spider-man, Iron Man, Thor et j’en passe, une « woman ». Pas une « girl“, une Elektra ou une Catwoman (blurp), une femme, une héroïne. Et pas des moindres, une déesse issue de Zeus lui-même. On avait vu récemment les séries Jessica Jones (excellente) et Supergirl (première saison sympa), mais il devenait nécessaire que l’autre moitié de l’humanité soit représentée dignement dans un long métrage avec un vrai budget. Et quelle bouffée d’air. Patty Jenkins nous offre un divertissement avec une ambition à la fois différente du moule Marvel et plus digeste que le très complexe Batman v Superman.

L’exception ou la règle ?

Qu’on ne s’y trompe pas, j’aime le deuxième volet du DCEU (la version longue). Mais le film était à priori incompatible avec le cahier des charges toujours plus oppressant des gros studios américains. Quand ils ne remontent pas eux-même le film. Oui. Je pense à Suicide Squad, cette immense catastrophe. Mais ce film m’a rendu espoir dans le blockbuster. Ras-le-bol des films qui se ressemblent, qui ne racontent rien ou qui ressemblent à des épisodes de série télé (Avengers 2). Pas envie de voir des univers étendus avec la momie vs. Dracula, des affrontements entre King Kong et GodzillaWonder Woman devient ainsi une pause dans ce cirque infernal.

Premièrement l’histoire se suffit à elle-même, le lien au reste du DCEU est assez ténu. Ensuite, le film porte des messages plus intéressants que la moyenne, voire risqués pour un blockbuster. Enfin, on ne s’ennuie pas une minute : l’évolution croissante de l’héroïne vers une guerrière wtf accompagne le récit jusqu’à son climax. L’exposition est suffisamment détaillée mais pas trop longue. Les scènes de découverte de l’environnement et d’action s’enchaînent bien. Bref. C’est très bien fait.

Reste à savoir si ce film annonce d’autres bonnes surprises chez Warner Bros / DC, si on retrouvera du Suicide Squad ou si cette série finira comme Marvel, dans la répétition.

Wonder Woman, indeed

Bercée dans son enfance par les récits héroïques des amazones, Diana rêve de ramener la paix aux hommes en vainquant le dieu de la guerre, Arès. Repêchant un espion de la Première Guerre Mondiale, elle se dit que c’est le bon moment pour accomplir sa mission et devenir la guerrière qu’elle est plus ou moins destinée à devenir. On rentre définitivement dans le film lorsque la reine (mère de Diana) conte son passé au travers d’une peinture animée du plus bel effet. Diana grandit, ses pouvoirs avec elle, et les scènes d’action s’amplifient. Même si les images de synthèse ne passent pas toujours très bien sur l’île des amazones, le débarquement des allemands affirme le côté méchamment bad-ass de notre héroïne et de ses comparses.

Car oui, les ralentis bien utilisés font ressentir toute la pleine puissance de Diana Prince. Je ne pourrais répéter à quel point je m’enfonçais dans mon siège à chaque coup de poing / pied / bouclier / épée / tank ! C’est particulièrement jouissif. Mais le reste du long-métrage est tout aussi intéressant. En effet, déjà le choix de la période n’est pas anodin. On ne pourrait pas dire que les femmes étaient bien vues en ce temps-là en dehors du secrétariat ou du foyer. Ceci lié à la condition de guerrière d’une société matriarcale de Wonder Woman donne des situations assez amusantes. Et sa façon de mettre les pieds dans le plat le plus naturellement du monde s’impose plus comme une évidence qu’une revendication. Car après tout, pourquoi différencierions-nous  les femmes des hommes ?

Fin alternative obligatoire

Je risque de spoiler légèrement là. Voire beaucoup. Diana Prince part donc à cheval combattre Arès, convaincu qu’il corrompt le coeur des humains et les pousse à la guerre. Le némésis est assez vite désigné comme un allemand méchant pas beau. Avec son acolyte, une scientifique, ils veulent gagner la guerre sur le point d’être terminée par un accord de paix. Et en fait non. Il prend certes des produits dopants à a la Captain America, mais en vrai il se fait défoncer. Et rien ne se produit : les hommes continuent à faire la guerre. Et de toute façon, même si elle tue bien un dieu après un impératif gloubi-boulga numérique et sentimental de 10mn, on sait très bien qu’il y aura une Deuxième Guerre Mondiale, bien pire en termes de créativité morbide. Encore un bon point pour le choix de 14-18.

Un blockbuster moyen baverait de bons sentiments. Ici ils sont reclus dans ces fameuses dix minutes peu digestes. On peut voir dans ce périple, une enfant un peu naïve qui va passer à l’âge adulte en découvrant que le monde est bien plus nuancé que les histoires ne veulent bien l’admettre. Il y a de l’amour de la joie, mais il y a également de la haine, de la jalousie et de la rancune. Et aucun dieu ou diable n’est responsable de ça. L’humain est con. Que ce soit dans son traitement des femmes, des minorités, des plus faibles, ou sa dans cupidité, sa vanité, etc… Et c’est beau qu’un film de ce budget se permettre un message aussi contrasté.

C’en est même à se demander si les dix minutes ne sont pas une fin alternative, que ceux qui ont compris l’essence du film passent au chapitre suivant sur leur DVD.

L’avis de Marcel : ★★★★☆
Wonder Woman n’est pas parfait, ça reste un blockbuster super-héroïque, mais il fait déjà parti des meilleurs dans ce genre. Une respiration ou une nouvelle tendance chez DC ? On verra avec Justice League.

Site officiel [en]

6 réactions sur “Wonder Woman : enfin un DC accompli”

  1. Pingback: La Momie : un bon départ – Le Cabanon de Marcel
  2. Trackback: La Momie : un bon départ – Le Cabanon de Marcel
  3. Pingback: Spider-Man Homecoming et les parts de marché – Le Cabanon de Marcel
  4. Trackback: Spider-Man Homecoming et les parts de marché – Le Cabanon de Marcel
  5. Pingback: Frames 2017 : festival des youtubeurs à Avignon - Le Cabanon de Marcel
  6. Trackback: Frames 2017 : festival des youtubeurs à Avignon - Le Cabanon de Marcel
  7. Pingback: Top 2017 Cinéma : les films estimés – Le Cabanon de Marcel
  8. Trackback: Top 2017 Cinéma : les films estimés – Le Cabanon de Marcel
  9. Pingback: Tomb Raider : une origin story ratée – Le Cabanon de Marcel
  10. Trackback: Tomb Raider : une origin story ratée – Le Cabanon de Marcel
  11. Pingback: Avengers : Infinity War - tout ça pour ça ? – Le Cabanon de Marcel
  12. Trackback: Avengers : Infinity War - tout ça pour ça ? – Le Cabanon de Marcel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *